Les renouvelables de plus en plus compétitives face aux énergies classiques

Le 01 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les éoliennes terrestres peuvent produire l'un des MWh les moins coûteux.
Les éoliennes terrestres peuvent produire l'un des MWh les moins coûteux.

Si la panacée énergétique n’existe pas, les renouvelables semblent promises à un brillant avenir, souligne un rapport de l’AIE et de l’AEN. Notamment si l’on taxe le carbone et développe les réseaux.

Régulièrement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Agence de l’énergie nucléaire de l’OCDE (AEN) comparent les coûts des différentes technologies productrices d’électricité. Leur nouvel opus a été publié lundi 31 août, 5 ans après le dernier.

Le rapport s’appuie sur des données réelles (installations en fonctionnement) ou quasi (centrales en construction). On s’éloigne du doigt mouillé proposé par de nombreux consultants. L’analyse de l’AIE et de l’AEN s’appuie sur les informations fournies par 181 exploitants de 22 pays. La plupart des technologies sont représentées: de la centrale au charbon ultra super critique au réacteur nucléaire[1], en passant par l’éolienne marine, le cycle combiné à gaz, l’hydraulique ou la centrale photovoltaïque. Ces chiffres serviront de référence aux électriciens qui construiront les centrales des années 2020.

Nombreuses variables

Et chacun y trouvera ce qu’il voudra. Car, et c’est l’un des principaux enseignements de Projected Cost of Generating Electricity 2015, la meilleure source de production d’électricité n’existe pas. De nombreuses variables locales (coût du travail, législation environnementale, fiscalité, taux d’actualisation) ou globales (prix des matières premières et des combustibles) modifient considérablement l’économie d’un projet d’un pays à l’autre. Produire un mégawattheure avec une centrale à charbon coûte 66 dollars (58,5 €) aux Etats-Unis, soit 29 $ (25,7 €) de moins qu’au Japon. Rien de nouveau sous le soleil.

Le coût des ENR n'est plus aberrant

Ce qui change, en revanche, d’un rapport à l’autre, ce sont les coûts. L’édition 2015 montre une croissance générale des coûts de production des centrales consommant des énergies fossiles (fioul, gaz naturel, charbon), une stagnation du prix du MWh nucléaire et une chute du prix de l’électron vert, qu’il soit généré par un panneau photovoltaïque ou une éolienne. «Le coût des énergies renouvelables, du solaire photovoltaïque en particulier, a significativement baissé ces 5 dernières années. Leur coût n’est plus aberrant», se félicitent les rapporteurs. Et de fait, dans les meilleures conditions techniques et économiques, le coût du MWh éolien (terrestre) s’affiche à 33 $ (29,3€). Seul le nucléaire fait mieux. Hors de prix il y a quelques années, le photovoltaïque (toujours dans des conditions idéales) affiche une quasi-parité réseau avec le MWh charbon[2].

N’oublions pas les réseaux

Ces coûts sont-ils gravés dans le marbre? Evidemment non. Avec la baisse massive des énergies fossiles, intervenue dernièrement, il est probable que les centrales à flammes retrouvent quelques points de compétitivité. A moins, bien sûr, que l’internalisation des coûts du carbone ne se généralise. Rien d’impossible à cela: une quarantaine de pays font déjà payer, d’une façon ou d’une autre, les émissions de CO2 industrielles. Le nucléaire devrait voir ses coûts s’envoler avec la nécessaire prise en compte des enseignements de la catastrophe de Fukushima: renforcement des défenses aux événements extrêmes, sécurisation de l’approvisionnement électrique, etc. Le futur des renouvelables s’annonce donc bien. A ceci près qu’il faudra encore (et toujours) penser aux réseaux. Davantage de centrales, c’est toujours plus de lignes de transport et de distribution. Et en la matière, l’AIE et l’AEN ont fait leur compte: pour s’engager sur le chemin de la stabilisation à 2°C, le monde devra investir d’ici 2035, 7.000 Md$ (6.213 Md€) dans les énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) et autant dans les réseaux.

 



[1] A noter que les coûts du nucléaire en France et au Royaume-Uni sont ceux du réacteur EPR dont les coûts de construction, en Finlande et en France, sont trois fois supérieurs aux estimations initiales.

[2] Le coût de production des centrales PV commerciales oscille (dans de bonnes conditions) entre 54 et 69, contre 66 $ pour une centrale charbon basique.

 



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