Les renouvelables, c’est bon pour les pétroliers

Le 13 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les pétroliers devront investir 1500 milliards $ pour maintenir leur niveau de production.
Les pétroliers devront investir 1500 milliards $ pour maintenir leur niveau de production.
VLDT

Une étude de Wood Mackenzie révèle que les compagnies pétrolières ont tout intérêt à investir massivement dans les énergies vertes.

 

Et si les pétroliers investissaient dans les renouvelables? Telle quelle, la question semble saugrenue. Elle ne l’est pas. D’ExxonMobil à BP, de Shell à Chevron, les compagnies pétrolières ont parfaitement intégré la menace que leur font courir la montée en puissance des énergies vertes. Certaines, comme Total, ont d’ailleurs décidé de les intégrer à leur modèle d’affaires.

20% du CA de Total

Plus de 13.000 personnes travaillent désormais dans la nouvelle direction du gaz, de l’électricité et des énergies nouvelles du groupe français. Lequel prévoit que ces activités nouvelles génèrent, à terme, 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Contre 3% aujourd’hui.

Diversifier les sources d’énergie et de profit

Pour le consultant spécialisé Wood Mackenzie, les Majors et les compagnies de second rang n’ont pas le choix. La demande croissante d’énergies décarbonées, le renchérissement de la mise en production des futurs gisements d’hydrocarbures (ultra-profond, arctique, multiphastique, huiles lourdes), imposent de diversifier les sources d’approvisionnement en énergie et donc de consacrer une part du portefeuille à l’éolien, au solaire ou à la biomasse. Ne serait-ce que pour garantir des dividendes aux actionnaires.

Bonnes perspectives

Car, contrairement à l’or noir ou au gaz, les coûts structurels de l’éolien et du photovoltaïque ne cessent de chuter. Un mouvement à la baisse qui n’est pas prêt de s’éteindre. En France, les coûts d’investissements des centrales photovoltaïques au sol ont été divisés par 6 entre 2007 et 2014, rappelait récemment l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Et les coûts devraient continuer à baisser d’environ 35% à horizon 2025. Selon l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), le montant de la facture de l’éolien devrait se contracter de 25 à 35% entre 2015 et 2025.

1.500 milliards de dollars

Petit détail: pour maintenir leur production d’hydrocarbures à leur niveau actuel d’ici 2035, les plus grandes compagnies pétrolières devront investir 1.500 milliards de dollars (1.337 Md€). Sans aucune garantie sur le niveau du prix de vente et donc sur le résultat financier des compagnies.

Hypothèse d’école: les analystes de Wood Mackenzie estiment que les énergies renouvelables (hors hydraulique) produiront 6% de l’énergie mondiale (et 23% de l’électricité)[1] en 2035, contre 1% actuellement. Pour atteindre un tel objectif, il faudra, ces 20 prochaines années, faire croître de 6% par an la puissance éolienne et de 20% la production d’électricité d’origine solaire.

Relativiser

A supposer que les Majors prennent 12% de ce marché en croissance (la part du commerce des hydrocarbures qu’ils détiennent aujourd’hui), cela les obligerait à y investir environ 350 Md$ (312 Md€) d’ici à 2035. Le tout avec des taux de retour sur investissement variant entre 7 et 10% selon les technologies. Considérable? Tout est à relativiser. Selon l’Institut français du pétrole Energies nouvelles (IFP EN), les compagnies pétrolières devraient consacrer plus de 405 Md$ (361 Md€) à l’exploration-production cette année.



[1] Pétrole et gaz génèrent 55% de l’énergie mondiale, actuellement.

 



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