Les rejets de l’industrie pharmaceutique pointés du doigt

Le 06 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Pour la première fois, une étude[1] américaine montre le rôle des sites pharmaceutiques dans la présence de médicaments, tels que les opioïdes, dans les effluents des stations d’épuration.

De nombreux travaux ont montré la présence de substances pharmaceutiques, à très faibles doses, dans les cours d’eau, les eaux souterraines et l’eau potable et identifié les stations d’épuration comme la source principale de cette pollution. L’effet à long terme pour l’homme d’un cocktail à faible dose de ces substances est encore mal connu. En revanche, les impacts sur la faune et la flore  sont avérés.

La plupart des recherches ont mis en évidence le rôle du rejet direct par les consommateurs, des centres de traitement des déchets ou des déchets des centres de soin. Mais aucune n’avait évalué à ce jour le rôle des sites de production pharmaceutique.

Patrick Phillips et ses collègues du centre géologique américain (US Geological Survey) ont remédié à cette lacune en analysant, entre 2004 et 2009, les effluents de trois centres de traitement des eaux usées de New York, dont deux (NY2 et NY3) étaient alimentés à plus de 20% par des usines de formulation pharmaceutique, tandis que le dernier (NY1) ne recevait aucun effluent de ces industries. La présence de 7 produits pharmaceutiques, parmi les plus prescrits aux Etats-Unis, dont les opioïdes et les myorelaxants, a été mesurée. Parallèlement, les mêmes analyses ont été réalisées dans les effluents de 23 stations d’épuration aux Etats-Unis.

Les concentrations maximales retrouvées dans les effluents de NY1 et dans ceux de l’étude nationale étaient en général inférieures à un microgramme par litre (μg/L). Cinq des sept substances testées ont été mesurées dans au moins une des 23 stations nationales.

A la sortie de la station NY3, quatre substances -dont trois antalgiques (méthadone, oxycodone, butalbital) et un myorelaxant (métaxalone)- avaient des concentrations comprises entre 3,4 μg/L et plus de 400 μg/L. Ce sont l’oxycodone (1.700 μg/L) et la métaxalone (3.800 μg/L) qui ont été retrouvés aux taux les plus élevés.  A la sortie du centre NY2, trois substances (butalbital, carisoprodol et oxycodone) ont présenté des taux compris entre 2 et 11 μg/L.

Ces résultats suggèrent que le rejet de médicaments par les usines de formulations pharmaceutiques conduit à des taux 100 à 1.000 fois plus élevés que ceux généralement mesurés dans les effluents des stations d’épuration. Les modèles actuels pourraient donc sous-estimer les rejets par les stations d’épurations, estiment les chercheurs.

Les concentrations en aval des stations d’épuration, et donc susceptibles d’avoir un impact pour la santé humaine, étaient cependant beaucoup plus faibles, inférieures à 0,1 μg/L pour la station NY1 et de l’ordre de 1 μg/L pour les sites NY2 et NY3.



[1] « Pharmaceutical Formulation Facilities as Sources of Opioids and Other Pharmaceuticals to Wastewater Treatment Plant Effluent”, Phillips P. et al , Environ. Sci. Technol., 44 (13), pp 4910–4916 (juillet 2010)

 



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