Les régies veulent une meilleure protection des ressources en eau

Le 19 mars 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Une urgence pour les acteurs de la gestion publique de l'eau
Une urgence pour les acteurs de la gestion publique de l'eau
John 'K'

 

Collectivités et opérateurs publics de l’eau profitent des Assises nationales pour publier, ce 19 mars, leur Manifeste pour une eau durable.

 

Paris, Aix-en-Provence, Besançon, Grenoble, La Rochelle, Rennes... La gestion publique de l’eau concerne aujourd’hui 80 collectivités et opérateurs publics regroupés au sein du réseau France Eau Publique[1] (FEP). Tous ont rappelé l’urgence de protéger la ressource des pollutions et du changement climatique, en présentant leur Manifeste aux parlementaires. 

Réduire les polluants à la source

«De trop nombreux produits du quotidien sont nocifs pour l’eau, comme les produits ménagers, d’hygiène et cosmétiques. Il faut réduire les pollutions à la source», réclame la FEP qui propose d’élargie l’assiette de la redevance pour pollution diffuse à tous ces produits nocifs.

Autre bataille de longue date: faire évoluer les pratiques agricoles, qui accumulent trop de nitrates et de pesticides dans les bassins. «On veut voir émerger des solutions de rupture systémiques comme un pourcentage minimal d’agriculture bio dans les zones de captage», lance Célia Blauel, présidente d’Eau de Paris. Les mesures agroenvironnementales découlant de la politique agricole commune (PAC) étant insuffisantes, certaines collectivités jouent la carte de l’innovation. «Nous avons acheté une ferme de 70 hectares en polycultures dans une zone de captage pour qu’elle produise exclusivement des aliments bio», témoigne Jacques Sabourin, vice-président du syndicat départemental Eau de Vienne.

Economies à tous les étages

Alors que la deuxième séquence des Assises de l’eau est dédiée au grand cycle, FEP rappelle aussi l’urgence de développer les économies d’eau en s’appuyant sur tous les outils disponibles, comme la tarification incitative ou la réduction des fuites des réseaux. «Il ne faut pas raisonner en silo mais agir aussi bien sur la rénovation des tuyaux, sur les économies d’eau et la réutilisation des eaux usées dans une perspective d’adaptation au changement climatique», résume Nicolas Juillet, président du syndicat des eaux de l’Aube et de la commission des programmes et de la prospective à l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Innovations locales

Si une meilleure gestion de l’eau se trouve au cœur du deuxième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC2) présenté en décembre dernier, les acteurs locaux estiment que les réponses doivent être pensées à l’échelon local, en associant les élus et les personnes publiques en charge du petit et du grand cycle de l’eau.

Un exemple parmi d’autres: La Rochelle expérimente, dans le cadre du projet TIGA[2], un crédit carbone alimenté par les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre du territoire (industriels et collectivités) pour financer des actions vertueuses au niveau local, comme la renaturation de zones humides.

 



[1] Ce réseau, qui représente 11 millions d’habitants, est rattaché à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR)

[2] territoire d’innovation de grande ambition



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus