Les récifs coralliens, brise-lames en péril

Le 02 mars 2018 par Romain Loury
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Les coraux malades du blanchissement
Les coraux malades du blanchissement

Les coraux constituent la barrière la plus efficace pour les îles. Leur dégradation constitue un motif supplémentaire d’inquiétude face à la montée des eaux engendrée par le réchauffement, selon une étude publiée dans Science Advances.

 

Ecosystèmes parmi les plus riches au monde, les récifs coralliens sont en mauvaise santé. Du fait du réchauffement de l’eau, de l’acidification océanique (entraînée par l’absorption de dioxyde de carbone par les océans), ainsi qu’en raison de diverses maladies, dont celles du blanchissement.

Des îles en sursis

Outre l’arrêt de mort que signifierait leur disparition sur de nombreuses espèces animales, elle aurait aussi de graves conséquences sur les îles qui en sont bordées, dont certaines, en particulier dans le Pacifique, sont déjà gravement menacées par la montée du niveau marin.

Dans son étude menée sur quatre récifs coralliens de Polynésie française (trois à Moorea, un à Tahiti), l’équipe de Valeriano Pallavicini, du Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe[i], Perpignan), révèle que leur dégradation aura des effets considérables sur l’ampleur des vagues qui déferleront sur les plages.

Des vagues 2,4 fois plus hautes

Les chercheurs ont mené des modélisations en fonction de la montée du niveau marin et de l’état des récifs. Selon leur scénario le plus probable, les vagues moyennes, une fois le récif franchi, seraient 2,4 fois plus élevées qu’elles ne le sont actuellement. Dans le pire des cas, celui d’une très forte dégradation des récifs et d’une montée des eaux de 48 cm en 2100 (scénario climatique RCP4.5 du Giec[ii], qui entraînerait une hausse moyenne de température de 1,8°C d’ici à 2100), les vagues parvenant sur la plage pourraient même être 5,5 fois plus importantes.

Selon les chercheurs, les récifs atténuent actuellement les vagues d’un facteur 2, c’est-à-dire qu’ils diminuent leur hauteur de moitié. S’ils restent en bon état, ils pourraient même, face à la montée marine, les abaisser d’un facteur 3. Pour les chercheurs, c’est d’ailleurs l’état des coraux, plus que le niveau de la mer, qui détermine l’ampleur des vagues parvenant au bord.



[i] Centre national de la recherche scientifique (CNRS), université de recherche Paris-Sciences-et-lettres, université de Perpignan, Ecole pratique des hautes études (EPHE)

[ii] Giec: groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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