Les ravages de la consommation sur la biodiversité

Le 05 janvier 2017 par Romain Loury
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Les impacts de la consommation américaine
Les impacts de la consommation américaine
Daniel Moran et Keiichiro Kanemoto

Nos emplettes ne sont pas toujours nos emplois, mais elles sont souvent nos dégâts environnementaux: dans une étude publiée mercredi 4 janvier dans Nature Ecology & Evolution, des chercheurs ont cartographié pour la première fois les dommages mondiaux à la biodiversité engendrés par la consommation.

Pour cela, Daniel Moran, de l’université norvégienne des sciences et technologies à Trondheim, et Keiichiro Kanemoto, de l’université Shinshu à Matsumoto (Japon), ont dressé la liste des industries qui fragilisent la conservation de 6.803 espèces animales menacées. L’analyse des flux commerciaux mondiaux leur a ensuite permis de retracer, pour la première fois au niveau mondial, les dégâts engendrés dans un pays par la consommation dans un autre.

Exemple pour la biodiversité marine: l’Asie du Sud-Est est la région plus menacée par le commerce mondial, aussi bien par les Etats-Unis que par l’Union européenne (UE), du fait de la pêche, de la pollution et de l’aquaculture. La consommation étatsunienne fragilise aussi les côtes caraïbes du Nicaragua et du Costa Rica; l’Union européenne plutôt La Réunion, l’île Maurice et les Seychelles.

L’UE, menace pour l’Afrique

La situation est encore plus éparsepour la biodiversité terrestre: pour les Etats-Unis, les hotspots se situent en Asie du Sud-Est et à Madagascar, mais aussi au Sahel, au sud du Mexique et en Amérique centrale, en Asie centrale, au sud du Canada, et même dans le sud de l’Espagne et au Portugal –avec une atteinte particulière à des espèces menacées de poissons et d’oiseaux.

Quant à l’UE, les chercheurs montrent que sa consommation menace la biodiversité terrestre de plusieurs régions d’Afrique, telles que le Maroc, la corne de l’Afrique, toute la région allant de la Libye au Cameroun, ainsi que Madagascar, le Zimbabwe, les lacs Malawi et Victoria. Egalement atteintes, l’Asie centrale et la Turquie.

Pour Daniel Moran, l’UE «pourrait décider d’ajuster ses programmes de recherche ou ses priorités environnementales sur certains points chauds de l’Asie du Sud-Est. Quant aux entreprises, elles pourraient utiliser ces cartes pour trouver où elles provoquent le plus de dommages, et agir pour les réduire».



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