Les raffineries font des efforts pour l'air

Le 28 juillet 2006 par Agnès Ginestet
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Raffinerie-S
Raffinerie-S

Depuis les années 1980, les émissions industrielles de polluants provenant de l'industrie ont fortement diminué. Les raffineries de pétrole ont contribué à limiter la présence de dioxyde de soufre (SO2) et de composés organiques volatils (Cov) dans l'air. Mais les oxydes d’azote (NOx) restent plus difficiles à traiter.

Une réglementation plus contraignante et des investissements de la part des industriels: c'est ce qui a contribué à diminuer d'environ 58% les émissions de SO2 et de 65% celles de Cov non méthaniques sortant des raffineries entre 1990 et 2003. Le raffinage est toutefois responsable de 24% des émissions de SO2 en France, alors qu'il ne contribuait qu'à environ 14% de ces émissions en 1990.

Depuis plusieurs années, c'est l'arrêté du 2 février 1998 (1) qui sert de base aux limitations des émissions concernant les installations classées. Il fixe des plafonds d'émission pour différentes substances polluantes, en particulier le SO2, les NOx et les Cov. D'autres textes le complètent, notamment la directive relative aux grandes installations de combustion (GIC) (2) traduite en droit français en tant qu'arrêté (3). Celui-ci précise dans l'article 14 comment déterminer les valeurs limites d'émission générées par les installations de combustion en raffinerie.

Pour réduire les émissions trop élevées de SO2 à la sortie des raffineries, des améliorations sont apportées au niveau du process, telles que le recours à des combustibles et des bruts moins soufrés ou la désulfuration des essences et gazole à haute pression. Les Cov sont issus des essences et produits légers. Des équipements spéciaux comme les toits flottants et les unités de récupération de vapeur permettent d'éviter leur évaporation dans l'air. Les NOx sont générés par la combustion d'énergies fossiles. L'emploi de brûleurs bas-NOx est l'une des solutions adoptées pour limiter leurs émissions. «Le SO2 est techniquement plus facile à limiter que le NOx», estime toutefois Bernard Duhoux, ingénieur à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Nord-Pas de Calais. La raffinerie des Flandres du groupe Total a d'ailleurs enregistré une forte hausse en NOx en 2005 (2.800 tonnes générées, soit +29% par rapport à 2004).

«Même si des efforts sont faits, une augmentation du niveau de production dans l'usine peut augmenter les émissions de polluants», indique Bernard Duhoux. Jean-Louis Schilansky, délégué général de l'Union française des industries, est partagé sur la hauteur des seuils fixés. Il explique: «Nous considérons les limites d'émission pour le SO2 et les Cov comme raisonnables et elles sont respectées. Mais pour les NOx, les seuils nous semblent peu réalistes d'autant plus que nous sommes des émetteurs peu significatifs par rapport aux transports.»

NOx et Cov sont des précurseurs d'un troisième composé qui pose problème, surtout en cette période de chaleur: l'ozone (O3). Sur le plan réglementaire, il existe deux niveaux d'alerte selon les concentrations de polluants, qui sont précisés dans le décret du 6 mai 1998 (4). Lorsque le premier seuil est atteint, la population est informée du dépassement par la préfecture. Le second seuil, appelé niveau d'alerte, est plus grave car une exposition de courte durée aux émissions présente des risques probables pour la santé. Dans ce cas, les raffineries doivent ralentir leur rythme de fonctionnement au niveau des chargements ou différer certains travaux de maintenance.

Il existe également des arrêtés préfectoraux relatifs à la pollution due à l'ozone. Dans le département du Nord, la raffinerie Total est soumise à un arrêté préfectoral datant du 2 août 2004. Le premier seuil, de 180 microgrammes par mètre cube d'air (µg/m3), n'entraîne aucune procédure visant à limiter les émissions. En revanche, lorsque l'organisme de surveillance de qualité de l'air prévient la préfecture que le deuxième seuil de 240 µg/m3 a été atteint, celle-ci impose aux industriels d'appliquer les mesures de l'arrêté. Pour les raffineries, il s'agit de limiter les émissions de Cov. Elles doivent alors vérifier qu'aucun travail générateur de Cov n'est en cours et reporter les activités de chargement des produits légers tels que l'essence. «Les pollutions à l'ozone sont avant tout générées par les transports», explique Bernard Duhoux. C'est pourquoi les industries ne sont obligées d'agir que lorsque le deuxième seuil est atteint.



(1) Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation (J.O. du 3 mars 1998)

(2) Directive 2001/80/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2001 relative à la limitation des émissions de certains polluants dans l'atmosphère en provenance des grandes installations de combustion (J.O. n°L309 du 27 novembre 2001)

(3) Arrêté du 30 juillet 2003 relatif aux chaudières présentes dans des installations existantes de combustion d'une puissance supérieure à 20 MWth (J.O n° 257 du 6 novembre 2003 page 18931)

(4) Décret n° 98-360 du 6 mai 1998 relatif à la surveillance de la qualité de l'air et de ses effets sur la santé et sur l'environnement, aux objectifs de qualité de l'air, aux seuils d'alerte et aux valeurs limites (J.O n° 110 du 13 mai 1998 page 7196)








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