Les quotas de pêche profonde revus à la hausse en Europe

Le 30 novembre 2012 par Stéphanie Senet
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Les chalutiers français sont intéressés en première ligne
Les chalutiers français sont intéressés en première ligne

Les totaux admissibles de captures (TAC) et les quotas d’espèces profondes pour 2013 et 2014, proposés par Bruxelles (voir JDLE), ont été adoptés le 29 novembre 2012 par le conseil des ministres européens. Les pêcheurs vont être contents puisque les TAC sont revus à la hausse pour trois espèces.

Ainsi, le TAC du sabre noir a été augmenté de 40% en 2013 et de 30% en 2014. Celui sur le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris) de 69% en 2013. A noter que le tonnage maximal de lingue bleue (Molva dypterygia) sera précisé en décembre.

Ces décisions ont suivi les recommandations du Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem).

Les ministres ont également voté le maintien de l’interdiction de capture de l’hoplostète orange (Hoplostethus atlanticus) et des requins des grands fonds.

Le ministre français de la pêche Frédéric Cuvillier n’a pas hésité à saluer «ces différentes mesures qui permettront aux armements français et européens de poursuivre une exploitation raisonnée et durable des stocks d’espèces profondes». Le grenadier de roche et le sabre noir sont en effet les principales espèces pêchées en eaux profondes par les chalutiers français.

Pour l’association Bloom de conservation marine, au contraire, ces chiffres ne font l’objet d’aucune justification scientifique. Elle rappelle notamment qu’il n’existe toujours pas de certitude quant à la structure génétique du stock de sabre noir. Dans son communiqué, elle conteste aussi l’expression de «pêche durable» utilisée par le ministre français. En effet, pour trois espèces ciblées en eaux profondes, les chalutiers capturent et rejettent 144 espèces, dont certaines espèces de requins menacées.

Mais sur le fond, le problème pourrait être plus grave. Bloom dénonce un conflit d’intérêts à la Commission européenne. Elle a ainsi relevé que François Théret, ancien chercheur français à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) fait partie depuis le 27 octobre 2010 du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CDTE), qui conseille la Commission européenne sur la gestion de la pêche. Or il est aussi salarié de la Scapêche, la principale flotte française de pêche en eaux profondes appartenant au groupe Intermarché, depuis le 24 janvier 2011. Ce qui crée une situation de conflit d’intérêts. «Je regrette que la complexité des processus européens mette hors de portée du grand public tout le stratagème des influences qui se joue à Bruxelles», déplore Claire Nouvian, directrice de l’association Bloom. Elle appelle le gouvernement français à ne pas se laisser dicter sa position à Bruxelles par l’un des géants de la distribution.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/une-faillite-en-eau-profonde,31073

http://www.bloomassociation.org/download/2012_Communique_BLOOM_28%20nov_VF.pdf



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