Les protéines meilleures à la vieillesse

Le 19 mars 2014 par Romain Loury
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Mieux vaut attendre la soixantaine.
Mieux vaut attendre la soixantaine.
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Pour prévenir le cancer, mieux vaut restreindre sa consommation de protéines animales tant qu’on est jeune, puis l’augmenter dès qu’on dépasse 65 ans: c’est ce que suggère une étude américaine publiée dans la revue Cell Metabolism.

 

La cause est désormais entendue: bien trop consommée par nos sociétés occidentales, la viande, notamment rouge, constitue un facteur important de cancer, de maladies cardiovasculaires et de diabète. Pourtant, son effet pourrait varier selon l’âge, avec des effets diamétralement opposés en matière de mortalité, ainsi que le montrent Morgan Levine, de la Davis School of Gerontology à Los Angeles, et ses collègues.

Selon leur analyse menée sur 6.381 adultes de plus de 50 ans de la cohorte Nhanes III[1], il est en effet préférable d’être sobre en protéines animales avant 65 ans, puis d’en consommer beaucoup lorsque le corps se fait plus fragile.

Pour montrer cela, les chercheurs ont réparti l’ensemble de cette population en trois groupes, selon la contribution des protéines (animales ou végétales) dans l’apport énergétique quotidien: moins de 10% (utilisé comme groupe-contrôle), entre 10% et 20%, plus de 20%.

Parmi ces derniers, les moins de 65 ans présentent un risque de mortalité accru de 74% (sur une période d’analyse de 18 ans), voire multiplié par 4,33 pour la seule mortalité cancéreuse! A l’inverse, les plus de 65 ans voient leur risque de mortalité diminuer de 28%, et de 60% pour la mortalité cancéreuse. Dans les deux cas, l’effet, délétère ou bénéfique, est principalement le fait des protéines animales.

Une action contre le déclin cognitif

Chez les plus âgés, ce n'est pas contre le seul cancer qu’un apport élevé en protéines aurait des vertus préventives. Selon une étude japonaise publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society, le cerveau en tirerait aussi bénéfice, avec un déclin cognitif bien moindre, principalement du fait des protéines animales.

Voilà qui va à l’encontre des recommandations actuelles, notamment celles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), qui conseille «de 10 à 27% de l’apport énergétique» avant 60 ans, un apport nutritionnel conseillé (ANC) qui doit être «légèrement» augmenté chez les personnes âgées [1].

«D’après l’étude Inca2, les apports quotidiens moyens en protéines sont de 74 grammes chez les femmes adultes et 100 g chez les hommes adultes et représentent pour les deux sexes environ 17% des apports énergétiques totaux. Chez les enfants, les apports quotidiens moyens se situent à 63 g chez les 3-10 ans et 74 g chez les 11-17 ans et représentent 15 à 16% des apports énergétiques totaux», rappelle l’agence.

 

[1] L’Anses prévoit de publier dans l’année un rapport réactualisant les recommandations de répartition des macronutriments dans l’apport énergétique quotidien.

 



[1] Nhanes III: National Health and Nutrition Examination Survey

 



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