Les producteurs de porc méthanisent sans épandage

Le 17 juin 2019 par Stéphanie Senet
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Le méthaniseur géant de Lamballe sera opérationnel en octobre
Le méthaniseur géant de Lamballe sera opérationnel en octobre

Un méthaniseur géant a été inauguré, le 13 juin à Lamballe (Côtes d’Armor) par la Cooperl. Opérationnel à partir d’octobre, il évite tout plan d’épandage.

L’installation «Emeraude bio-énergie» pourra produire, chaque année, 79 millions de kilowattheures de biogaz. Injecté dans le réseau, celui-ci permettra de chauffer l’équivalent de 3.000 logements de 100 mètres environ, selon Franck Porcher, directeur des activités environnementales de la coopérative Cooperl.

Zéro épandage

Ce méthaniseur de grande capacité (156.000 tonnes par an) sera exclusivement alimenté par les déchets solides issus des exploitations et des eaux résiduaires d’abattoir, et ne nécessitera aucun épandage de digestats, contrairement aux installations classiques. «C’est un outil unique dans sa conception. 100% de ce qui entre sera valorisé alors que la majorité des méthaniseurs nécessitent des plans d’élevage. Ici, la matière organique sortante sera valorisée en engrais et l’azote restant en sulfate d’ammonium», a précisé Franck Porcher. L’absence d’épandage est rendue possible par l’association d’une technologie de stripping[1] et d’évapo-concentration, produisant une eau pure et un fertilisant. Ce progrès est d’autant plus important que les épandages d’azote sont de plus en plus limités dans le cadre de la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates.

D’un montant de 17 millions d’euros, l’investissement a bénéficié de 2,2 M€ d’aides publiques (1,4 M€ de l’Ademe[2] et 800.000€ de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne)

Tri à la source

Pour l’heure, 120 des 2.700 adhérents du Groupe coopératif agricole de production porcine ont accepté de trier, sur leur exploitation, les effluents liquides et solides grâce à un équipement (système de raclage TRAC[3]) installé sous les bâtiments d’élevage.

Micro-algues et biocarburants

Dans ses cartons, la coopérative projette aussi de créer une usine de production de micro-algues et une unité de biocarburants (à partir de coproduits graisseux). Celle dernière devrait alimenter l’ensemble de la flotte de la coopérative dès 2021 (10 millions de litres de biodiesel par an).

 

 

 

 



[1] Technologie permettant de concentrer l’azote ammoniacal en sulfate d’ammonium (engrais)

[2] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[3] Système mis au point par le département R&D de la Cooperl

 



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