Les prétendants

Le 28 août 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Matthieu Orphelin a longtemps été le porte-parole de la fondation de Nicolas Hulot.
Matthieu Orphelin a longtemps été le porte-parole de la fondation de Nicolas Hulot.

Le gouvernement a annoncé qu’il se donne le temps de trouver un(e) remplaçant(e) à Nicolas Hulot. Le JDLE vous présente les 5 macroniens les plus écolo-compatibles du moment.

 

La succession de Nicolas Hulot ne sera pas une partie de plaisir. Ni pour le gouvernement, ni pour l’heureux(se) élu(e). Le problème qui se pose désormais à Emmanuel Macron et Edouard Philippe est de trouver un successeur qui soit écologiquement crédible et politiquement contrôlable.

Cet « éco-macroniste » devra, de son côté, être capable d’affronter une mer environnementale qui ne devrait pas cesser de grossir ces prochains mois. Plan Vélo, budget du ministère, programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), débat public sur la gestion des déchets nucléaires, COP 24, introduction d’un ours dans les Pyrénées, gestion du loup, stratégie nationale bas carbone: tous les ingrédients de la tempête écologique sont là.

Dès lors, le deuxième ministre de l’environnement du quinquennat devra, dans l’idéal, connaître les sujets, disposer de bons réseaux parlementaires et locaux, et… n’être pas trop mal disposé à l’égard de la majorité parlementaire.

Plusieurs profils correspondent à ce portrait-robot.

Lecornu: ce jeune routier de la politique

Le plus évident est celui de Sébastien Lecornu. Agé de 32 ans, l’ancien président du conseil départemental de l’Eure est déjà un vieux routier de la politique. Plus jeune assistant parlementaire de France, en 2005, il emporte la mairie de Vernon (Eure) en 2014. Nommé en juin 2017 secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ce juriste exclu de LR a réussi à déminer certains sujets complexes, comme les aides à l’éolien et au photovoltaïque.

Premier ministre à se rendre à Fessenheim, il a engagé les premières études sérieuses sur la reconversion de la centrale nucléaire alsacienne, appelée à fermer après la mise en route de l’EPR de Flamanville. Il gère aussi les nouveaux contrats de transition énergétique, dont ceux des collectivités abritant les dernières centrales au charbon. Seule ombre à ce tableau d’honneur: comme lieutenant de réserve de la gendarmerie, Sébastien Lecornu a encadré un certain Alexandre Benalla, qui n’a pas laissé que de bons souvenirs au sein du gouvernement.

L’Amiénoise Barbara Pompili

Moins connue du grand public, Barbara Pompili n’est pas une novice en matière d’environnement. Adhérente à 25 ans au parti des Verts, cette native de Bois-Bernard (Pas-de-Calais) réside habituellement à Amiens, la ville du président Macron. Chargée de la presse pendant la campagne présidentielle de Noël Mamère (qui fera le meilleur score d’un candidat écologiste), la diplômée de Sciences Po Lille devient ensuite l’assistante parlementaire d’Yves Cochet, «son père politique».

Délaissant l’ancien ministre Vert, Barbara Pompili se présente à deux élections parisiennes, en 2007 et 2008. Elle gagne en 2012 les bancs de l’Assemblée nationale, comme députée de la Somme. Avec François de Rugy, elle préside aux destinées du groupe écologiste. Toujours avec lui, elle finit par quitter EELV pour créer le parti écologiste. En février 2016, elle est nommée secrétaire d’Etat à la biodiversité. A ce titre, elle fera adopter, non sans difficultés, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Réélue députée au printemps 2017 sous l’étiquette LREM, elle est nommé à la présidence de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale.

Rugy, l’homme de toutes les formations

François Goullet de Rugy a connu la plupart des formations écologistes de ce début du siècle. En 1991, il est âgé de 28 ans, il adhère à Génération Ecologie. Pour expliquer son choix, le jeune Nantais estime que le parti de Brice Lalonde et de Jean-Louis Borloo est plus réaliste que les Verts. Il le quitte néanmoins trois ans plus tard pour fonder sa propre formation. Ecologie 44 lui met le pied à l’étrier politique. Il devient conseiller municipal en 2001 et adjoint au maire de Nantes chargé des transports. Cette proximité avec Jean-Marc Ayrault, futur Premier ministre, lui permet de bénéficier d’une circonscription gagnable lors des législatives de 2007. Il emporte le siège et devient, à 34 ans, l’un des plus jeunes députés de France (non inscrit).

En 2012, il est réélu sous l’étiquette EELV. Il présidera le groupe en tandem avec Barbara Pompili. Avec sa collègue, il quitte l’ancien parti des Verts pour fonder le parti des écologistes, avec le sénateur Jean-Bernard Placé. C’est au nom de ce groupuscule qu’il se présente à la primaire de la gauche, en 2017: il obtiendra moins de 4% des suffrages. Cet échec lui fait quitter les rangs de la gauche pour ceux de LREM. Il soutient officiellement Emmanuel Macron lors de la présidentielle. Sa réélection à la députation précède son élection à la présidence de l’Assemblée nationale: une première pour un élu écologiste.

Orphelin, le Hulot’s boy

Depuis son élection à la députation, au printemps 2017, Matthieu Orphelin est l’un des chouchous des journalistes politiques. Affable, cet économiste de l’environnement de 46 ans s’est moulé remarquablement dans ses nouveaux habits d’homme politique. Les journalistes de l’environnement suivent depuis longtemps cet ingénieur de l’Ecole centrale de Nantes. Spécialiste des questions d’énergie et de climat, ce passionné de volley-ball a longtemps fait la navette entre l’Ademe et la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), créée par un certain… Nicolas Hulot.

Son premier crochet par la politique date de 2010, année où il est élu conseiller régional (EELV) des Pays-de-la-Loire. Quelques mois plus tard, il travaille dans le comité de campagne de Nicolas Hulot qui a présenté sa candidature aux élections présidentielles de 2012. Les militants d’EELV lui préféreront Eva Joly, avec le succès que l’on sait. Matthieu Orphelin quitte EELV quelques mois plus tard. Il ne prendra une nouvelle carte qu’en 2017 pour participer aux législatives. Siglé LREM, il emporte la première circonscription du Maine-et-Loire. Il est l’un des rares députés écologiste de cette mandature.

Des Verts à l'Ademe

Autre quadra possible: Arnaud Leroy. Ex-militant Vert (il fut l’assistant parlementaire de l’eurodéputé Gérard Onesta), ce Lillois à grande gueule quitte le parti écologiste à la suite du débat sur le projet de constitution européenne. En 2010, il est élu député socialiste des Français établis hors de France (l’Espagne, le Portugal et Monaco). Juriste spécialisé en droit de la mer, il siège à la commission du développement durable. Girondin d’adoption, il tente sa chance aux élections régionales de 2015: recalé. Pendant l'élection présidentielle, il assure le porte-parolat du parti du candidat Macron : LREM. En février dernier, il prend la présidence de l’Ademe, maison bien connue par Matthieu Orphelin.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus