Les prédateurs, premières victimes de l’homme

Le 23 janvier 2020 par Romain Loury
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Les araignées chutent dès que l'homme arrive
Les araignées chutent dès que l'homme arrive
Tim Newbold

Selon une étude publiée dans Functional Ecology, les prédateurs, en particulier les petits invertébrés tels que les araignées, sont ceux qui déclinent le plus rapidement lorsque leur habitat est colonisé par l’homme.

Menée dans le cadre du projet britannique PREDICTS, qui vise à mieux comprendre les effets des pressions humaines sur la biodiversité, l’étude menée par Tim Newbold, du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement à l’University College de Londres, et ses collègues est la première à examiner, au niveau mondial, ces impacts sur divers groupes d’animaux.

Les chercheurs ont étudié près de 1,19 million de données d’abondance de 25.166 espèces, vertébrées ou invertébrées, à travers 80 pays. Leurs résultats montrent que la colonisation par l’homme de zones naturelles, pour les urbaniser ou les mettre en culture, entraîne des effets variables selon les divers groupes d’animaux.

Araignées et coccinelles

Premières victimes, les prédateurs, en particulier les petits ectothermes, ceux qui ne produisent pas de chaleur interne, comme les invertébrés. Parmi eux, les araignées et les coccinelles connaissent le déclin le plus fort après l’arrivée de l’homme. Autres victimes, les endothermes (qui produisent eux-mêmes leur température) de grande taille, dont les mammifères et les oiseaux. Par ailleurs, les carnivores sont plus vulnérables que les herbivores.

Comment expliquer que les petits prédateurs invertébrés connaissent le plus grand déclin? «Quand nous pensons aux prédateurs, nous avons aussitôt en tête de gros animaux, comme les lions ou les tigres. Ces grands prédateurs ne déclinent pas autant qu’on l’aurait imaginé avec la perte de leur habitat, ce qui est probablement dû au fait que leur nombre a déjà fortement diminué, en particulier en raison de la chasse», explique Tim Newbold.