Les pratiques minières Canada devant le Conseil des droits de l’homme des NU

Le 24 avril 2013 par Marine Jobert
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Diavik Diamond Mine, une mine de diamants située au nord du Canada.
Diavik Diamond Mine, une mine de diamants située au nord du Canada.
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Le Canada abrite 75% des compagnies minières du monde, mais la plupart de leurs activités se déroulent à l’étranger. Le pays à la feuille d’érable va pourtant devoir répondre de leurs conséquences hautement polluantes, souvent menées au mépris des droits de l’homme. Ottawa va être auditionné vendredi prochain par le groupe de travail du Conseil des droits de l'homme chargé de l'examen périodique universel. Un exercice imposé depuis 2006 par les Nations Unies et que son secrétaire général, Ban Ki-moon, décrit comme «la meilleure opportunité de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans les coins les plus sombres du monde.» L’ONU se fonde notamment sur une compilation des informations fournies par différents organes des Nations Unies et un résumé des contributions soumises par des organisations non gouvernementales, des institutions nationales des droits de l'homme, des institutions académiques et de recherche ou des représentants de la société civile.

 

Or les documents accablants sur les conséquences désastreuses des activités minières menées par les entreprises canadiennes foisonnent, depuis le rapport de l’ONG «Resource Conflict», en passant par le réseau canadien sur la responsabilité des entreprises, ou encore le rapport de l’ONG Earth Work Action. Dans un rapport mené par les industriels eux-mêmes –et retiré de la circulation quelques temps après sa parution, selon les ONG- il apparaît qu’un tiers des incidents graves relevés dans le secteur minier à travers le monde sont le fait d’entreprises canadiennes. Les exemples de violation des droits des peuples autochtones ou de dégâts majeurs à l’environnement sont légion, en République démocratique du Congo, au Honduras, en Tanzanie, au Salvador.

 

Le gouvernement canadien serait complice de ces exactions, selon Alain Deneault, coauteur du livre enquête Paradis sous terre. Dans un entretien accordé au journal Noorinfo, il note que «le Canada bénéficie d’une image internationale qui inspire la confiance. Mais c’est un pays façonné par le secteur minier. Une véritable diplomatie de complaisance y a émergé. Les diplomates canadiens font pression sur les autorités locales des pays où les compagnies s’installent, pour les amener notamment à adopter des codes miniers d’inspiration canadienne. Ces pressions vont par ailleurs jusqu’à demander l’expropriation des populations civiles présentes sur les gisements. Et si l’affaire tourne mal -tensions, révoltes, graves pollutions ou ONG trop curieuses-, vous disposez, grâce au Canada, d’une couverture judiciaire pour votre société minière. Bref, on ne vous dérangera pas!»

 

 

Dans une tribune publiée par The Guardian, l’écologiste Meera Karunananthan souligne l’enjeu pour les Nations Unies d’affirmer la prévalence des droits de l’homme sur l’économie: «si les mécanismes globaux des droits de l’homme ne se confrontent pas avec la logique des droits des entreprises internationales soutenues par des Etats comme le Canada, ils risquent de devenir inopérants.»

 

 

 



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