Les PPI étendus de 10 à 20 km autour des installations nucléaires

Le 26 avril 2016 par Marine Jobert
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La carte des commissions locales d'information.
La carte des commissions locales d'information.
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Ségolène Royal a annoncé le 26 avril 2016, date anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, l’extension de 10 à 20 km du périmètre des plans particuliers d’intervention (PPI). Des miettes, selon les associations, qui jugent cette annonce totalement insuffisante à l’échelle des risques encourus.

Alors qu’une minute de silence était observée en mémoire des victimes de Tchernobyl à la demande des Amis de la Terre au deuxième jour de la Conférence environnementale, Ségolène Royal a annoncé que le périmètre des PPI allait être étendu à 20 km, au lieu de 10 actuellement. Ce plan décrit l'organisation des secours mis en place par les pouvoirs publics, en cas d'accident dans une centrale nucléaire susceptible d'avoir des conséquences pour la population, les biens et l’environnement. Le déclenchement et la coordination des moyens qui en découlent en fonction des circonstances sont placés sous l'autorité du préfet.

Sites militaires concernés

Cette mesure concerne les 126 sites nucléaires sensibles que compte le pays, dont 19 centrales (et leurs 58 réacteurs). Les installations nucléaires militaires sont également concernées. Une annonce qui intervient alors que Jean-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), très soucieux des moyens totalement insuffisants qui lui sont alloués pour mener sa mission, rappelle dans Le Monde qu’«un accident majeur, comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe».

Objectif 100 km

Même si la décision d’étendre le périmètre a été prise conjointement avec Manuel Valls, le cabinet de Ségolène Royal rappelle que c’est au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui dépend des services du Premier ministre, qu’il appartient d’en assurer la mise en œuvre opérationnelle. «J’espère que les politiques seront écoutés par les hauts fonctionnaires, s’inquiète Jean-Claude Delalonde, le président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (Anccli). Nous attendons depuis 22 mois que le ministre de l’intérieur mette en œuvre le plan national post-Fukushima, qui prévoyait notamment l’extension de la zone des 10 km.» En février 2014, le SGDSN avait effectivement élaboré un plan national de réponse accident nucléaire ou radiologique majeur, qui prévoit pour chaque site nucléaire la mise en œuvre par l’exploitant d’un plan d’urgence interne (PUI) et d’un PPI. «Rien n’a bougé depuis. Les politiques pensent-ils tirer les leçons de Fukushima? Les autorités de sûreté nucléaire européennes, dont l’ASN, disent unanimement qu’il faut aller jusqu’à 100 km», rappelle Jean-Claude Delalonde.

Des miettes

Pour le réseau Sortir du nucléaire, cette annonce équivaut à «jeter des miettes». «Ségolène Royal ne semble pas se souvenir que le nuage de Tchernobyl a traversé toute l’Europe. Cela ressemble à de la provocation par rapport aux enjeux réels», estime Charlotte Mijeon, chargée de la communication du réseau. Et de rappeler que les PPI actuels font l’objet de multiples «couacs» et que des exercices ont tourné au «fiasco».

425.396 foyers à 10 km

En février 2016, la campagne visant à renouveler les pastilles d’iode dans un rayon de 10 km autour des seules centrales nucléaires avait concerné 425.396 foyers, 69.582 entreprises et établissements recevant du public et 827 établissements scolaires. Son extension à 20 km va augmenter considérablement le nombre de personnes concernées. Dans le rapport rendu public en avril 2015 par l’Anccli sur les forces et faiblesses des PPI, des extrapolations à 30 km étaient réalisées, qui multipliaient en moyenne par 4 le nombre de personnes soumises au PPI. Son président déclarait alors dans Le journal de l'environnement : «La France n’est pas prête à gérer un accident nucléaire».

 



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