Les porte-conteneurs de CMA CGM carbureront au gaz naturel

Le 08 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Peu de port disposent de poste d'avitaillement en GNL.
Peu de port disposent de poste d'avitaillement en GNL.
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C’est la première fois que des navires de commerce géants consommeront ce type de combustible.

En 2005, les conteneurs transportés sur les navires de CMA CGM émettaient, en moyenne 116 grammes de CO2 par kilomètre parcouru. L’armateur marseillais n’en reste pas là. Ces dernières années, le groupe fondé par Jacques Saadé a modernisé sa flotte. Plus gros, dotés de systèmes de propulsion et de direction plus performants, ses derniers porte-conteneurs ont réduit de moitié le bilan carbone du troisième groupe mondial de transport maritime. Ce n’est pas une raison pour relâcher à ce bon port.

22.000 conteneurs

D’une capacité unitaire de 22.000 EVP (soit 22.000 conteneurs de 38 mètres cubes chacun), ses 9 prochains porte-conteneurs seront propulsés par des moteurs consommant du gaz naturel liquéfié (GNL). Présentée comme une première mondiale, cette innovation permettra à ces navires, livrables entre 2019 et 2020, d’abattre d’un quart les émissions de CO2 (par rapport à des bateaux consommant du fioul lourd), et de 99% les rejets de particules et de soufre. «De plus, l’indice d’efficacité énergétique (EEDI), qui calcule l’empreinte environnementale d’un navire, s’améliore de 20% par rapport à un navire propulsé uniquement au fuel», souligne l’entreprise.

15% plus cher

Selon le consultant BRL Consultants, ces géants des mers devraient coûter 160 millions de dollars pièce (138 M€): un surcoût de plus de 15% par rapport à un navire classique. Surcoût que l’armateur espère compenser par un combustible devenu moins cher que le fioul. En février dernier, CMA CGM et Total ont conclu un accord de trois ans pour assurer l’approvisionnement en GNL des 9 navires. Un approvisionnement qui reste délicat: peu de port disposent de terminaux de livraison de GNL.

Vent en poupe

Poussé par l’évolution de la réglementation internationale encadrant les émissions des navires de commerce[1], le gaz naturel liquéfié a désormais le vent en poupe. En juin dernier, Brittany Ferries a commandé son premier ferry propulsé au gaz. MSC devrait faire le même choix énergétique pour ses 4 prochains paquebots.

Cette série d’annonces intervient alors que l’Organisation maritime internationale (OMI) élabore une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur maritime. Stratégie qui devra être publiée en 2018.

 



[1] En 2020, cargos, tankers et autres paquebots devront utiliser du fioul lourd contenant moins de 0,5% de soufre : 7 fois moins qu’aujourd’hui. Par la suite, ce taux devrait atteindre 0,1%.

 



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