Les porcs préfèrent la litière

Le 16 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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Le programme de recherche "Porcherie verte" conclut à la supériorité de la litière sur le caillebotis pour le bien être des porcs, la réduction des teneurs en nitrate et la qualité de la viande produite. Mais les porcheries sous litières sont moins rentables.

Depuis 2000, "Porcherie verte" regroupe les chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), des techniciens des chambres d'agriculture et des éleveurs volontaires pour déterminer les paramètres d'un élevage porcin moins pénalisant pour l'environnement. Parmi les résultats engrangés cet automne figure la confirmation de la supériorité du bilan environnemental de l'élevage sur litière sur le caillebotis: «La paille ou la sciure que nous utilisons favorisent une vie bactérienne intense qui peut abattre jusqu'à 30 à 40% de la matière azotée, assure Yannick Ramonet, technicien à la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. Nous avons donc un fumier moins chargé en nitrate ce qui est un avantage quand l'éleveur manque de surface d'épandage. Par ailleurs, il y a moins de dégagement d'ammoniac donc moins d'odeur.»

Les chercheurs de l'Inra ont, eux, étudié le comportement du porc: «Nous avons observé une plus grande activité de l'animal qui cherche à découvrir son environnement, assure Bénédicte Lebret, chercheuse à l'Inra. L'animal croît plus vite et nous avons constaté un poids supérieur de 7 kilogrammes à l'abattage en comparaison d'un porc élevé sur caillebotis.» Les études sensorielles ont révélé une viande plus grasse mais aussi plus ferme et donc plus indiquée pour du jambon fumé que pour du jambon cuit.

Ces travaux sont destinés à sortir l'élevage breton de l'impasse dans lequel il s'est précipité. Les porcheries trop nombreuses sont responsables des excédents de nitrate et de phosphate dans l'eau des rivières. La viande produite est de qualité médiocre. Les crises de surproduction sont de plus en plus fréquentes. En explorant une voie médiane entre l'industrie et un élevage biologique très marginal, les techniciens tentent de trouver une méthode qui soit à la fois économiquement rentable tout en minimisant les impacts sur l'environnement.

L'élevage sur litière proposé par Porcherie verte n'est pas encore la solution idéale propre à séduire les éleveurs: «Elle demande encore trop de main d'oeuvre, explique Yannick Ramonet. Il faut en effet sortir la litière à la fourche entre deux générations de porcs alors qu'avec un caillebotis, une pompe suffit pour évacuer le lisier très liquide vers la station d'épuration. Par ailleurs, la Bretagne manque de paille qu'il faudrait faire venir des régions céréalières ce qui n'est pas économiquement judicieux. Enfin, la litière impose de passer d'une surface de 0,8m2 par animal à 1,2 m2 ce qui oblige à construire des bâtiments plus grands ».

A ce jour, moins de 10% des éleveurs ont choisi la voie de la litière. Ils font le pari de la qualité sans pour autant produire selon les bio critères qui exigent plus de 2 m2 par animal. Mais les raisons environnementales sont le plus souvent imposées: «Beaucoup d'éleveurs choisissent cette voie pour faire taire les oppositions à la création ou à l'extension d'un élevage, assure Yannick Ramonet. C'est une façon de donner des gages aux voisins.»


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