Les pompiers, professionnels des risques industriels

Le 07 février 2005 par Christine Sévillano
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Au sein des services départementaux d'incendie et de secours, des unités particulières de pompiers se consacrent aux risques chimiques dans les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et dans les transports de substances dangereuses. Leur déploiement n'est pas homogène sur le territoire, il dépend des besoins et du financement des collectivités locales.

La cellule mobile d'intervention chimique des services d'incendie et de secours est habilitée à intervenir lors d'incidents industriels, une autre cellule est plus particulièrement dédiée aux risques radiologiques. Deux types d'unité la composent: les groupes de reconnaissance, aptes à gérer des problèmes légers, et les structures d'intervention plus lourdes. Chacune doit répondre à un certain degré de formation et disposer d'équipements particuliers. Le ministère de l'Intérieur devrait d'ailleurs bientôt publier un Guide national de référence (GNR) sur la couverture du risque chimique, comme il l'a fait l'an dernier sur les dangers radiologiques. Selon le Lieutenant-colonel Dominique Bonjour, animateur de la commission national des risques naturels et technologiques au sein de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSP), «le guide doit nous donner des éléments réglementaires sur la constitution des équipes, les effectifs, le matériel ou encore la formation qui doit nous permettre d'avoir un profil unique sur les risques chimiques.» Et pour cause, la palette d'interventions de cette cellule particulière est large: fuites de produits chimiques depuis un bidon ou un wagon au moment de la recomposition des trains de marchandises, incendie de matières dangereuses jusqu'aux plus graves accidents industriels. Le nombre d'interventions sur les risques chimiques s'élève à 6% de l'ensemble des sorties des pompiers au niveau national, soit presque autant que les incendies.

La cellule des risques chimiques a d'autres responsabilités que l'intervention en cas d'alerte. Elle effectue des visites dans des ICPE pour lesquelles des procédures d'autorisation sont en cours afin de donner son avis sur les risques incendie. Elle procède en outre à des exercices et des manoeuvres avec le personnel. «Ces exercices se font sur le terrain avec mise en situation réelle et en salle, nous faisons des simulations et nous envisageons les aspects stratégiques», poursuit Dominique Bonjour. La cellule peut également être amenée à examiner et donner son opinion sur les plans d'opération interne (POI) des ICPE à la demande du préfet et sur les plans particuliers d'intervention (PPI). Si l'exploitant ne veut pas se conformer aux conseils des pompiers, ceux-ci peuvent refuser d'intervenir. «Mais les contentieux sont rares, nous sommes au service de l'industriel, nous lui permettons de sauvegarder ses outils et de protéger nos personnels respectifs», assure le responsable. Rien qu'en Gironde, ce type d'intervention emploie cinq capitaines à plein temps, sans compter les équipes d'intervention.

Le nombre de ces unités n'est fixé par aucune réglementation, les départements n'ont en effet aucune obligation de dotation financière, humaine et matérielle sur ce type de risques. "Selon leur situation géographique, leurs besoins, leurs moyens financiers et l'origine urbaine ou rurale des élus, ils afficheront d'autres priorités comme les inondations ou les feux de forêt. Pour les techniciens, chargés de montrer les avantages de renforcer les moyens d'une unité de risques chimiques, la tâche est délicate car pour les élus il faut que les chiffres parlent. Il est aisé pour les urgences de demander l'achat d'ambulances en montrant leur taux de sortie, c'est moins évident pour les risques chimiques", affirme Dominique Bonjour. Il estime tout de même que le ratio est de 3 unités légères et 1 d'intervention par millier d'habitants.

En 1997, la France comptait 67.000 ICPE, 1.200 d'entre elles étaient classée Seveso II, dont 460 en seuil haut.




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