Les poissons tropicaux moins tolérants au réchauffement

Le 11 septembre 2017 par Romain Loury
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Un moindre marge thermique aux tropiques
Un moindre marge thermique aux tropiques

Les poissons des mers tropicales seront parmi les plus affectés par le réchauffement climatique, révèle une étude publiée lundi 11 septembre dans la revue Nature Climate Change. En cause, une moindre marge de tolérance thermique.

Plus on s’approche des pôles, plus la hausse de température sera forte. Dès lors, il faudrait a priori s’attendre à ce que les poissons, marins comme d’eau douce, soient plus fortement menacés aux latitudes tempérées qu’aux tropicales et équatoriales.

Or la situation n’est pas si simple, comme le révèle l’étude menée par Lise Comte et Julian Olden, chercheurs en biologie aquatique à l’University of Washington (Seattle). Sous les latitudes tropicales, les poissons sont certes habitués à des eaux plus chaudes, mais l’écart avec la température maximale qu’ils sont capables d’endurer est faible. A l’inverse, les poissons des zones tempérées, habitués à des eaux plus froides, disposent d’une plus grande marge.

Près de 3.000 espèces étudiées

Les chercheurs ont étudié cet écart, appelée tolérance au réchauffement, pour 2.960 espèces de poissons de mer ou d’eau douce, vivant sous diverses latitudes. Cet indice se calcule en soustrayant la température maximale admise par chaque espèce à la température moyenne du mois le plus chaud de l’année.

Les résultats montrent que ce sont les poissons des mers tropicales sont particulièrement en danger: certes le réchauffement y sera moindre que dans les régions plus septentrionales, mais les espèces y ont une moindre tolérance. De manière paradoxale, c’est donc moins l’ampleur du réchauffement qui sera cruciale que la limite thermique inhérente à ces espèces.

En rivière, plus de risque en zone tempérée

La situation est diamétralement opposée pour les espèces d’eau douce: pour des raisons évolutives, leur tolérance au réchauffement est relativement constante selon la latitude. Dans ce cas-là, c’est l’ampleur du réchauffement qui s’avère cruciale. Les poissons d’eau douce sont donc plus menacés dans les zones tempérées que dans les zones tropicales.

Au-delà du climat, d’autres menaces planent sur les poissons: la destruction de l’habitat, la surpêche, etc. Côté eau douce, certains bassins seront ainsi doublement affectés. Parmi les plus menacés, les rivières du sud de l’Europe, du sud-est de l’Amérique du Nord et d’Asie centrale. Selon les chercheurs, il est donc crucial de mieux protéger ces rivières pour les aider à affronter le réchauffement. Par exemple en y accroissant le couvert végétal, afin de rafraîchir leurs eaux, ou en évitant l’overdose de barrages, qui diminue la connectivité de l’habitat.



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