Les poissons, eux aussi, disparaissent à cause du réchauffement

Le 01 mars 2019 par Stéphanie Senet
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Cabillaud, sole, haddock et hareng sont fortement touchés
Cabillaud, sole, haddock et hareng sont fortement touchés

 

Les stocks européens de cabillaud, sole, haddock et hareng ont fortement régressé sous l’effet du réchauffement climatique, selon une étude publiée le 1er mars dans la revue Science.

 

Le réchauffement a déjà réduit de 4% en moyenne les stocks halieutiques à travers le monde depuis 1930. C’est ce que montre l’étude de 235 populations de poissons[1] et d’invertébrés capturées par les pêcheurs dans 38 régions. Soit environ un tiers des captures mondiales[2]. Et cela devrait s’aggraver dans les années à venir.

 

Des gagnants et des perdants
Les scientifiques des universités de Santa Barbara (Californie) et Rutgers (Nouveau-Brunswick) ont toutefois observé des réactions très disparates selon les populations. Si 8% d’entre elles sont frappées de façon très négative, 4% le sont de façon positive et pour les 88% restantes, aucun changement significatif n’a été constaté.

 

Alerte en mer du Nord

 De grands écarts existent aussi selon les zones de pêche. Les stocks les plus touchés par le réchauffement se trouvent en Europe: cabillaud en mer du Nord, mer d’Irlande et ouest de l’Ecosse, sole en mer d’Irlande, haddock et hareng en mer du Nord, plie en Manche et thon albacore de l’Atlantique Nord. Pour ces populations, chaque dixième de degré Celsius supplémentaire réduit le rendement maximum durable (RMD) du stock disponible. Au total, une baisse de 15% à 35% du RMD a été enregistrée en mer du Nord depuis 1930.

 

Baisse du zooplancton

«Nous pensons que les populations de poissons de la mer du Nord ont connu une baisse de productivité à cause de l’impact du réchauffement sur le zooplancton, qui est essentiel pour le développement et la survie des juvéniles», affirme l’auteur principal de l’étude, Chris Free, de l’université de Santa Barbara.

 

Un indicateur pour les plans de gestion

Bien sûr, les stocks halieutiques sont soumis à d’autres pressions, dont la surpêche en particulier. Mais les scientifiques concluent que les effets du réchauffement doivent aussi être pris en compte par les plans de gestion des pêcheries.

 

 



[1] représentant 124 espèces

[2] c’est-à-dire environ 30 millions de tonnes



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