Les poissons d’élevage abattus cruellement en France

Le 26 novembre 2018 par Stéphanie Senet
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Ni étourdissement, ni mise à mort immédiate pour la plupart des poissons d'élevage
Ni étourdissement, ni mise à mort immédiate pour la plupart des poissons d'élevage
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Des truites arc-en-ciel décapitées sans étourdissement, des daurades royales suffoquant pendant 40 minutes dans un bain d’eau glacée… Comme les animaux terrestres, les poissons d’élevage sont largement victimes de techniques d’abattage cruelles, mises en lumière par l’enquête menée par le CIWF dans des fermes d’élevage et des unités de transformation.

Des millions de poissons abattus en France

Alors que des milliards de poissons d’élevage sont abattus chaque année dans le monde pour la consommation humaine, dont des millions en France, l’ONG réclame le respect de trois principes d’abattage: une mise à mort immédiate, un étourdissement instantané suivi d’une mise à mort avant la reprise de connaissance, ou une mise à mort progressive si elle exclut tout stress ou toute douleur. Mais force est de constater qu’ils ne sont que très rarement mis en œuvre par manque de réglementation précise et de respect des principes généraux appliqués aux animaux. Avec toutefois des différences selon les pays. «Si les méthodes d’abattage des truites, bars et dorades sont cruelles en France, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas utilisent des méthodes moins douloureuses, comme l’étourdissement électrique ou par percussion», note le CIWF qui lance une campagne pour demander au ministre de l’agriculture Didier Guillaume d’introduire dans la réglementation française des normes d’abattage plus respectueuses des poissons.

Vide législatif

Si aucune législation de l’UE ne vise spécifiquement l’abattage des poissons, ceux-ci doivent, comme tout animal, «être épargnés de douleurs, détresse ou souffrance pouvant être évitées au moment de la mise à mort et des opérations qui y sont associées», stipule le règlement du 24 septembre 2009.

Membres de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), les pays européens doivent aussi suivre ses recommandations en matière d’étourdissement et de mise à mort, dont l’abandon de deux dispositifs encore largement utilisés: l’immersion des poissons vivants dans des bains d’eau glacée et leur exposition au dioxyde de carbone dans l’eau. «Non seulement une mise à mort rapide est essentielle au bien-être du poisson, mais elle bénéficie aussi au producteur car un stress moindre assure une meilleure qualité», rappelle le CIWF citant une étude de 2010[1].

les bonnes et les mauvaises techniques

En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, l’OIE recommande l’étourdissement électrique et par percussion, le tir à balle ou la perforation du cerveau à l’aide d’une pointe ou d’un emporte-pièce, qu’il juge plus efficaces sur certaines espèces de poissons pour permettre une mise à mort plus acceptable.

Doivent au contraire être proscrits: le refroidissement avec de la glace, l’exposition à l’air, l’exposition au dioxyde de carbone dans l’eau, le refroidissement avec de la glace et du CO2 dans l’eau, l’immersion dans des bains de sol ou d’ammoniaque, la section des branchies, la décapitation et la perforation manuelle du cerveau. Dans ces cas, la perte de conscience s’avère trop lente et trop douloureuse.

Les chercheurs à la rescousse

Pour préciser les meilleures techniques d’abattage, le CIWF préconise de mener des recherches approfondies, en laboratoire. Ainsi l’étourdissement par percussion ne sera efficace qu’à des conditions précises de force, forme et taille du marteau utilisé, selon la taille et l’espèce du poisson. Même chose pour l’étourdissement électrique. Son efficacité varie fortement selon le voltage et le courant, la conductivité de l’eau, la taille et l’espèce halieutique.

 

Pour voir la vidéo réalisée par le CIWF sur les techniques d’abattage des poissons d’élevage:

https://www.ciwf.fr/presse/communiques/2018/11/nouvelle-enquete-labattage-cruel-et-illegal-de-millions-de-poissons-en-europe



 



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