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Les poissons d’Atlantique tropicale en quête d’oxygène

Le 06 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Les scientifiques la nomment la zone minimum d’oxygène (OMZ en anglais). Tous les océans en possèdent une. Une zone située entre 200 et 1.000 mètres de profondeur où la concentration en oxygène est moindre, probablement en raison des changements climatiques. La profondeur de cette couche est variable en fonction des zones géographiques. Or, d’après les observations réalisées par une équipe internationale de biologistes marins, la concentration en oxygène dissous dans l’Atlantique aurait fortement chuté entre 1960 et 2010 en même temps que cette zone s’est étendue verticalement.

Ainsi, d’après l’étude publiée le 4 décembre dans la revue Nature, certaines espèces de poissons pélagiques comme le marlin ou le thon ont perdu 15% de leur habitat en raison de ce phénomène qui s’étend progressivement et notamment dans la partie tropicale nord de l’Atlantique Est, celle qui longe les côtes africaines.

L’extension de l’habitat des marlins bleu (Makaira nigricans) et son évolution au cours du temps a été mesurée par les scientifiques grâce à des puces électroniques installées sur 47 poissons, 10 prélevés dans la zone tropicale Atlantique Est (ETA) et 37 en Atlantique Nord-ouest. Les mouvements des poissons ont été suivis par satellite. Les scientifiques ont ainsi pu constater que lorsque la concentration en oxygène de l’eau est importante, les marlins ont tendance à descendre plus en profondeur. Mais dans la zone ETA, les poissons restent confinés dans les 100 premiers m alors qu’en Atlantique Nord, ils descendent souvent à plus de 200 m de profondeur.

Les résultats indiquent que dans la zone ETA, les concentrations en oxygène dissous ont chuté sur de larges surfaces, à quelques mètres de profondeur. De plus ces couches d’eau faiblement oxygénées se ramifient entre elles. Il s’agit d’un phénomène continu dans le temps mais, dans certaines régions, la baisse de cette teneur en O2 est plus rapide.

L’extension de cette zone minimum d’oxygène, conjuguée à l’acidification des océans et au réchauffement climatique, sont autant de contraintes qui réduisent l’habitat d’espèces pélagiques comme le thon et le marlin. En effet, ces espèces se dépensent beaucoup et leurs besoins en oxygène sont importants.

En Atlantique Nord, les chercheurs n’ont pas détecté d’OMZ. Donc pas de restriction pour les poissons qui peuvent descendre jusqu’à 800 m de profondeur. Alors que dans tous les bassins tropicaux et dans la région subarctique du Pacifique cette zone est bien présente.

Ainsi cette perte d’habitat, estimée à 15% par les scientifiques grâce aux relevés réalisés des différentes teneurs en oxygène, pourrait avoir de lourdes conséquences sur les écosystèmes.
 
Les scientifiques souhaitent également alerter sur un autre élément important. Cette couche d’eau à faible teneur en oxygène compresse les habitats des poissons convoités (comme le thon) et des autres (comme le marlin). Or les pêcheurs pourraient développer une fausse impression d’abondance qui ne serait pas représentative de l’état réel des stocks.
 


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