Les plantes perturbées par le déclin de la biodiversité

Le 16 mars 2017 par Romain Loury
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Un printemps végétal plus précoce
Un printemps végétal plus précoce
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La chose est entendue: le réchauffement avance la floraison des plantes. Or la perte de biodiversité aurait sur elles un effet de même ampleur, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Avec le réchauffement, la phénologie des végétaux est en plein bouleversement, avec un débourrement et une floraison plus précoces, une chute des feuilles plus tardive. Ce décalage temporel constitue une menace pour les délicates interactions qui se sont tissées, au fil de millions d’années, au sein des écosystèmes, par exemple entre les plantes et leurs pollinisateurs.

Or seuls les facteurs abiotiques, telles que la hausse des températures et les changements de précipitations, ont été étudiés pour expliquer les perturbations phénologiques en cours. L’équipe d’Erika Zavaleta, de l’université de Californie à Santa Cruz, s’est quant à elle penchée sur les facteurs biotiques, en particulier la baisse de biodiversité végétale.

0,6 jour par espèce manquante

Pour cela, les chercheurs ont implanté neuf espèces de plantes dans des parcelles contenant un nombre défini d’autres espèces végétales, et ont analysé leur date de floraison en fonction de cette biodiversité. Résultat: pour toute espèce manquante, la floraison de la plante étudiée est avancée en moyenne de 0,6 jour. Selon leurs calculs, la perte de deux espèces correspond ainsi à une décennie de réchauffement climatique.

Comment expliquer cet effet? Tout simplement par l’effet de la diversité végétale sur l’état du sol: lorsque le nombre d’espèces diminue, la température du sol s’élève, ainsi que son humidité et sa teneur en azote. Autant de facteurs qui favorisent une floraison plus précoce.

Selon Erika Zavaleta, «nous perdons des espèces à un rythme très soutenu, avec des effets en cascade sur les écosystèmes, sur l’écologie et l’évolution de ce qu’il en reste. Selon notre étude, il est possible que la phénologie réponde de manière inattendue aux nouveaux stress endurés par les systèmes naturels, et sa réponse pourrait être encore plus forte que celle attendue».



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