Les plantes fleurissent encore plus tôt que prévu

Le 07 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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L'impact du changement climatique sur les plantes, sous-estimé jusqu'à présent.
L'impact du changement climatique sur les plantes, sous-estimé jusqu'à présent.

Une récente étude publiée dans la revue Nature revient sur les effets perturbateurs du réchauffement climatique sur les plantes. Elle relève une floraison et une pousse de feuilles de plus en plus tôt dans l‘année, en tous cas beaucoup plus précoce que ce que prévoyaient les modèles climatiques…

Les expériences de simulation de l'impact du réchauffement climatique sur les plantes sous-estiment largement ce qui se passe en réalité dans la nature.

C’est ce qu’affirme une étude américaine publiée le 2 mai dernier dans la revue scientifique Nature. En effet, les plantes fleurissent beaucoup plus rapidement que ce que les scientifiques ne l’avaient prédit jusqu’à présent.

Or le phénomène risque d’avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes et la chaine alimentaire puisque les animaux sauvages dépendent aussi de la floraison des plantes.

L'enquête confirme ainsi les observations rapportées par des agriculteurs et jardiniers, en particulier dans l'hémisphère nord, soulignant que les plantes saisonnières sortent de terre, au printemps, bien plus tôt que par le passé.

Les expérimentations de réchauffement climatique consistent généralement à faire pousser une plante dans une sorte de serre ouverte sur le dessus, ou un dais muni d'un petit système de chauffage, afin de reproduire les hausses de la température.

Selon les résultats de ces expérimentations, la floraison et l'apparition des feuilles se produisent entre 1,9 et 3,3 jours plus tôt pour chaque degré d’augmentation de température.

Mais d’après l'étude de Nature, les chiffres sont beaucoup plus élevés en réalité, car les auteurs affirment que les feuilles et les fleurs des plantes apparaissent entre 5 à 6 jours plus tôt par degré de réchauffement. Des résultats qui les ont beaucoup surpris.

Ces conclusions reposent sur une comparaison entre des essais effectués sur 1.634 espèces de plantes et des observations à long terme de ces mêmes espèces dans la nature et menées par une vingtaine d'institutions en Amérique du Nord, au Japon et en Australie.

«Jusqu'ici, on partait du principe que des systèmes expérimentaux répondaient de la même manière que des systèmes naturels, mais ce n'est pas le cas», explique le co-auteur de l'étude, Benjamin Cook de l'Observatoire de la terre Lamont-Doherty à l'université Colombia (New York).

Une différence qui peut s’expliquer, selon les auteurs, par le fait que les méthodes d'expérimentation auraient pu être faussées du fait qu'elles réduisent la lumière, le vent et l'humidité du sol, influençant la maturité saisonnière des plantes.

A titre d'exemple, les chercheurs citent la floraison des cerisiers à Washington, la capitale des Etats-Unis, et dont le premier jour ouvre traditionnellement une quinzaine de festivités, qui a avancé d'une semaine depuis les années 1970.

Au delà du modèle qui se base uniquement sur les variations de température, d’autres facteurs naturels influencent la pousse des plantes, comme les précipitations ou la formation des nuages. Mais pour l’instant les scientifiques sont très loin de pouvoir prendre en compte ces facteurs dans leurs modèles de simulation.

Ils estiment généralement que les températures moyennes mondiales ont augmenté d’environ 0,8°C depuis 1900, et de presque 0,2°C par décennie depuis 1979. Jusqu’à présent, les efforts faits pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement de la planète ne sont pas jugés suffisants pour éviter, d’ici la fin du siècle, un réchauffement inférieur à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Le réchauffement climatique a un impact significatif sur des centaines d’espèces de plantes et d’animaux dans le monde, changeant certains modèles de reproduction, de migration et d’alimentation.

 

 

 



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