Les phtalates aériens s’infiltrent aussi par la peau

Le 05 octobre 2015 par Romain Loury
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Les phtalates passent partout
Les phtalates passent partout
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Il n’y a aucun moyen d’y échapper: une équipe danoise a découvert une nouvelle voie d’exposition aux phtalates, l'absorption par la peau à partir de l’air. Pour les plus petits phtalates, la contamination serait aussi importante que par simple inhalation.

Si on savait que les phtalates pouvaient passer la barrière cutanée, il était communément admis que ce type d’exposition n’avait lieu que par le toucher. Que nenni: publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, une étude danoise démontre que ces molécules, qui abondent dans l’air intérieur, peuvent être directement absorbées par la peau.

L’équipe de Geo Clausen, de l’université technique du Danemark à Lyngby, a recouru à 6 volontaires, chacun enfermé pendant deux séances de 6 heures dans une pièce close dont l’atmosphère était chargée de deux phtalates, le DEP et le DnBP. Vêtues seulement d’un short, ces personnes devaient, au cours de la première séance, respirer l’air de la pièce. Lors de la seconde, une semaine plus tard, elles avaient droit à un air purifié, issu d’une hotte.

Les chercheurs ont comparé l’excrétion urinaire de phtalates après chacune des deux séances, ce qui leur a permis d’évaluer quelles fractions de phtalates étaient absorbées par voie respiratoire ou par voie dermique. Afin de ne pas fausser les résultats, les participants devaient, 12 heures avant chaque séance, s’abstenir de tout produit d’hygiène et ne pas consommer autre chose que de l’eau du robinet ou du thé.

La voie cutanée domine parfois

Selon leurs calculs, les chercheurs estiment que, pour chaque microgramme de DEP par mètre cube d’air, ce sont 3,8 µg qui sont absorbés par voie respiratoire, et 4 microgrammes par voie cutanée. Pour le DnBP, 3,9 µg sont absorbés par voie respiratoire, 3,1 µg par voie cutanée. Cette nouvelle voie d’exposition n’a donc rien n’anecdotique: après prise en compte du poids des participants, elle est 10% plus élevée par voie cutanée pour le DEP que par inhalation.

Pour des raisons physicochimiques, il est fort possible, avancent les chercheurs, que le phénomène se restreigne aux phtalates de faible poids moléculaire, et qu’il soit moins important pour le DEHP et DiNP que pour le DEP et le DnBP,.

Reste aussi à savoir quel est l’effet des vêtements: lors d’une séance, l’un des 6 participants, intégralement habillé de vêtements propres, était en grande partie protégé des phtalates. A l’inverse, il était très contaminé lorsque ses vêtements avaient été laissés plusieurs jours dans la pièce. Comme si les tissus pouvaient agir, selon leur état de fraîcheur, comme barrière ou comme amplificateur de la pollution de l’air intérieur.



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