Les phénols, peu d’enfants y échappent

Le 02 septembre 2014 par Romain Loury
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Après le BPA, le triclosan?
Après le BPA, le triclosan?
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Les phénols, dont le triclosan et les parabènes, affectent le développement du garçon, et ce dès le stade fœtal. Or on les retrouve dans l’urine de la quasi-totalité des femmes enceintes, révèle une étude française publiée dans la revue Epidemiology.

Jusqu’alors, la plupart des études portant sur le développement des enfants exposés aux perturbateurs endocriniens se sont concentrées sur le bisphénol A (BPA), n’analysant la croissance qu’en un seul instant du développement: stade fœtal, naissance ou premières années. Le tout avec des résultats plutôt inquiétants quant au développement de l’enfant, mais variables d’une étude à l’autre.

Publiée par l’équipe de Rémy Slama («Epidémiologie environnementale appliquée à la reproduction et la santé respiratoire», Inserm/université de Grenoble), une nouvelle étude élargit le panorama à neuf phénols, tous des perturbateurs endocriniens, dont l’incontournable BPA, mais aussi les parabènes et le triclosan.

Présent dans des savons antibactériens et des dentifrices, ce dernier composé fait l’objet de nombreuses suspicions. Raison pour laquelle plusieurs industriels se sont engagés à l’éliminer de leurs produits, tandis que certains Etats américains, mais toujours pas l’UE, prévoient son interdiction (voir le JDLE).

Les chercheurs ont suivi 520 petits garçons de la cohorte EDEN, qui regroupe des couples mères-enfants recrutés entre 2003 et 2006 dans les hôpitaux de Nancy et Poitiers. Leur croissance a été mesurée à plusieurs reprises pendant la grossesse et jusqu’à leurs 3 ans, suivi qui constitue aussi l’une des nouveautés de l’étude.

Premier constat: il semble difficile d’échapper à ces polluants chimiques, qui imprègnent tant d’objets de notre quotidien. Parmi les 9 molécules testés, au moins 6 étaient présentes dans 93% des échantillons d’urine prélevés pendant la grossesse.

Plus petit avec le triclosan, plus gros avec les parabènes

Le triclosan est lié à une moindre croissance prénatale, selon les mesures réalisées lors du troisième trimestre de grossesse. Quant aux parabènes, utilisés comme conservateurs dans les cosmétiques et les produits de soins, ils sont associés à un poids accru à la naissance et à 3 ans.

Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucun effet du BPA. Selon eux, cela pourrait être lié à la plus forte variabilité intra-individuelle de cet agent: chez un individu, sa concentration varie plus fortement que d’autres polluants au fil du temps, voire au cours d’un même journée. Or les chercheurs ne disposaient, pour chaque mère, que d’un seul échantillon urinaire.

«Les équipes de recherche vont maintenant s’attacher à répliquer ces résultats au sein d’une nouvelle cohorte couple-enfant (la cohorte SEPAGES) pour laquelle de nombreux échantillons d’urine par participante (mère et nouveau-né) sont recueillis durant la grossesse et les premières années de vie de l’enfant», explique l’Inserm.

«Cette approche permettra de limiter les erreurs de mesure de l’exposition et d’identifier de potentielles périodes de plus grande influence des phénols sur la croissance des enfants durant leur enfance. Les petites filles, dont la sensibilité aux phénols pourrait différer de celle des garçons, seront aussi considérées dans cette nouvelle cohorte couple-enfants», ajoute l’institut.



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