Les pétroliers ont réduit leur gaspillage de gaz naturel

Le 19 juillet 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le torchage rejette 350 Mt de CO2 par an.
Le torchage rejette 350 Mt de CO2 par an.
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Entre 2016 et 2017, les compagnies pétrolières ont évité de brûler 4 milliards de mètres cubes de gaz naturel, l’équivalent de 10% de la consommation française annuelle.

 

L’industrie pétrolière commence-t-elle à réduire, un peu, son empreinte carbone? Il est encore un peu tôt pour parler d’une évolution structurelle. Mais ses émissions de gaz à effet de serre ont baissé entre 2016 et 2017, comme en témoignent les dernières statistiques du Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés (GGFR).

Selon les chiffres publiés mardi 17 juillet par cette initiative commune de la Banque mondiale, de 13 pétroliers et gaziers (dont Total) et d’une vingtaine de pays (dont la France), les producteurs d’hydrocarbures ont brûlé à la torche 140,6 Mdm3 de gaz naturel. C’est 7% de moins qu’en 2016, alors que la production d’or noir a progressé de 0,5% cette année-là.

fin de l'inflation

Les chiffres doivent néanmoins être nuancés. 2017 met simplement fin à une inflation des volumes de gaz brûlés, débutée (au moins) en 2013. Cette année-là, les pétroliers avaient torchés 139,6 MdMm3 de méthane.

Tous les pays producteurs ne sont pas (encore ?) vertueux. L’Irak et l’Iran ont vu, respectivement, leur volume de gaz torché progresser de 6,6 et 4,6 Mdm3 entre 2013 et 2017. Dans le même temps, le Venezuela (dont l’industrie pétrolière nationale est en proie à de grandes difficultés) et le Nigeria ont réduit les leurs d’environ 2 Mdm3.

surveillance par satellite

L’agence américaine en charge de l’étude de l’océan et de l’atmosphère (NOAA) et le GGFR[1] sont à l’origine des estimations établies en coopération avec l’université du Colorado sur la base d’observations recueillies par des capteurs de dernière génération équipant un satellite lancé en 2012.

contraintes techniques

Des contraintes techniques, réglementaires ou économiques incitent les industriels à brûler les rejets de gaz à différentes étapes de l’extraction du pétrole. Chaque année, ce torchage rejette l’équivalent de 350 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère[2]. Renforçant l’effet de serre, ces émissions constituent aussi un formidable gaspillage de ressources énergétiques. Le volume torché en 2017 équivaut ainsi à plus de trois années de consommation de gaz naturel des Français.

Les compagnies signataires du partenariat s’engagent à arrêter tout torchage de routine d’ici 2030.

 



[1] CGFR: Global Gas Flaring Reduction Partnership

[2] Pour mémoire, la France a rejeté 290 MtCO2 en 2016.

 



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