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Les pétroliers gaspillent toujours plus de gaz

Le 14 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus on produit de pétrole, moins on torche, pourtant.
Plus on produit de pétrole, moins on torche, pourtant.
Banque mondiale

Contrairement à leurs engagements, les compagnies pétrolières brûlent des volumes croissant de gaz naturel. Ce qui accroît leur empreinte carbone.

C’est un programme qui démarre mal. En avril 2015, à l’initiative de la Banque mondiale, une soixantaine d’Etats et de compagnies pétrolières ont pris un engagement fort: mettre fin, en 2030, à l’incinération routinière des gaz associés à la production pétrolière. C’est le sens du Partenariat global sur la réduction du torchage.

141 milliards de mètres cubes de gaz

Dans les gisements de pétrole, du gaz naturel est souvent associé au brut. Jusqu’à présent, les pétroliers préfèrent brûler sur place ce gaz plutôt que de le valoriser. Trop cher, disent-ils. En 2013, les torchères ont ainsi brûlé 141 milliards de mètres cubes de gaz non épuré: relâchant dans l’atmosphère 300 millions de tonnes de CO2, mais aussi des suies, nuisibles pour le climat et la santé des riverains.

L’œil du satellite

En bonne gestionnaire, la Banque mondiale a voulu savoir si ce partenariat commençait à porter ses fruits. Avec l’aide d’un satellite de l’administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (Noaa), la banque a évalué l’activité des torchères entre 2013 et 2015. Bonne pioche.

Flop total

Selon les dernières statistiques de l’institution de Washington, c’est un flop total. Le volume de gaz brûlé non seulement ne décroit pas, mais il augmente. Entre 2013 et 2015, les volumes torchés sont passés de 141 à 147 Mdm3 de précieuses molécules. La valorisation de ce méthane aurait pu permettre de produire 750 térawattheures par an d’électricité: plus que la production du continent africain, souligne la Banque mondiale. Les émissions associées progressent également. Les 16.000 torchères en service ont émis, en 2015, 350 Mt CO2: +17% en trois ans. Bel effort!

Russia number One

Tous les producteurs ne sont pas à loger à la même enseigne. En trois ans, le Nigeria a réduit de 18% le volume de gaz brûlé. Tel n’est pas le cas de la Russie qui continue, bon an, mal an, à cramer 20 Mdm3 de gaz par an: autant que l’Arabie, la Chine, le Turkménistan, le Canada, le Gabon, le Brésil, le Royaume-Uni, le Congo, l’Australie, l’Ouzbékistan, le Qatar, le Cameroun, l’Equateur et le Vietnam réunis!

Petite consolation pour les réducteurs du torchage: la production d’huile a progressé de 31% entre 1996 et 2015. Dans le même temps, le volume de gaz incinéré a été abattu de 11%. Ce qui reste très insuffisant pour nous mettre sur la voie de la stabilisation à 2°C.

 



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