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Les pesticides dans l'air ambiant

Le 12 mai 2005 par Christine Sévillano
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pesticides
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Le premier groupe de travail sur les pesticides dans l'air ambiant vient de présenter ses conclusions. Il n'apporte pas de réponses concrètes à l'évaluation des risques ou aux politiques à mettre en place, mais il donne des outils pour mieux prélever les substances et apporter des données fiables.

Les premiers résultats du groupe de travail, créé en 2002, sur les pesticides dans l'air ambiant ont été exposés au cours d'une journée de travail organisée par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Ses travaux ont pour but de mieux évaluer les risques sanitaires sur la population et les personnes qui appliquent ces produits, d'établir un programme pour l'agriculture raisonnée, de soutenir l'homologation de certaines substances et notamment vérifier que les teneurs indiquées dans les dossiers des industriels sont respectées. Le choix des pesticides à étudier n'est pas si simple: «A la fin des années 90, on a recensé un millier de substances en Europe. Il fallait donc réduire ce nombre pour les besoins des études et nous avons regardé les critères des Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (Assqa)», explique Olivier Pétrique, chargé d'étude à l'association Lig'air.

Toutes ont privilégié la faisabilité de la mesure par les laboratoires et le tonnage, c'est-à-dire la concentration de matières actives dans la région donnée. Ensuite, certaines ont préféré mettre l'accent sur la toxicité, la volatilité, la présence dans les eaux de pluie, ou le type de culture. Les associations se sont toutes intéressées en priorité sur la présence d'herbicides et principalement l'atrazine (1), l'alachlore, le lindane (2) et le terbuthylazine. «En Poitou-Charentes, 60% des pesticides épandus sont des herbicides, et au niveau national, on retrouve les mêmes proportions», poursuit Olivier Pétrique. Les substances les plus détectées par les Assqa sont le lindane dans des proportions de 50 à 96% des teneurs selon la localisation géographique, le pendiméthaline de 35 à 77% ou le folpel, notamment utilisé dans la viticulture, de 30 à 90%. «Nous devons affiner la liste, car l'une des associations a mesuré le diphénylamine et a trouvé des teneurs de l'ordre de 81%. De plus, certains pesticides surveillés sont peu ou pas détectés», affirme Olivier Pétrique. Certains observateurs relèvent à cet égard que des substances ont une durée de vie de quelques heures et ne sont pas forcément persistantes.

Les Assqa surveillent une cinquantaine de substances, différentes selon l'historique de la région et les particularités agricoles locales, un aspect auquel tiennent certains experts. Pourtant, Olivier Pétrique plaide pour une augmentation de la base commune des Assqa (les pesticides les plus détectés et les plus toxiques). Un indicateur unique, qui prendrait en compte les teneurs en toxicité, comme l'équivalent toxiques-pesticides proposé par Lig'air, pourrait également favoriser l'uniformisation des données régionales. Autre difficulté: certains résidus de pesticides, comme le glyphosate, sont trop volatiles pour qu'ils puissent être piégés par des appareils de mesure. Sur 27 substances testées dans le cadre de l'élaboration d'une méthodologie, trois composés se sont révélés impossibles à mesurer.

Les premiers résultats indiquent que les pesticides sont plus concentrés en zone rurale, à proximité des champs, qu'en zone urbaine, mais avec des variations similaires, notamment au moment des traitements. «Dans ces périodes, les concentrations peuvent atteindre, selon l'environnement, jusqu'au microgramme par mètre cube au lieu de quelques nanogrammes sur le lieu des pulvérisations!», affirme François Ducroz de l'association Air Pays de Loire. Une revitalisation semble avoir lieu quelques semaines après les traitements, phénomène qui s'explique, selon un expert, par le travail de la terre, et plus particulièrement l'humidité.

La méthodologie retenue par les experts du groupe pour les prélèvements des pesticides va faire l'objet de la norme XPX 43-058 de l'Agence française de normalisation (Afnor). La XPX 43-059 portera sur la phase analytique. Ces deux normes devraient être finalisées avant la fin 2005.

(1) Substance interdite à la commercialisation depuis novembre 2002 et à l'utilisation depuis octobre 2003.

(2) Un polluant organique persistant (POP) qui devrait faire l'objet d'une interdiction officielle dans les trois ans, dans le cadre de la Convention de Stockholm sur l'interdiction des POP.




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