Les pesticides bannis de 42 supermarchés bretons

Le 14 juin 2013 par Marine Jobert
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42 magasins bretons disent "non" aux pesticides de synthèse.
42 magasins bretons disent "non" aux pesticides de synthèse.
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Une centrale d’achats coopérative bretonne –la Scarmor- vient de prendre l’initiative de retirer de la vente les produits phytosanitaires commercialisés dans les 42 magasins Leclerc qu’elle approvisionne dans 3 départements (Finistère, Côte d’Armor et Morbihan). Ce sont environ 90 produits, représentant un chiffre d'affaires annuel de 1,5 million d'euros qui vont disparaître des rayons d’ici le printemps 2014. C'est une «démarche risquée», a expliqué Jean-Marie de Bel Air, responsable de l'opération pour la centrale d'achat. «On va perdre du chiffre d'affaires dans un premier temps, mais tout l'enjeu est d'en perdre le moins possible et de revenir à l'étal dans un ou deux ans», a-t-il déclaré à France 3 Bretagne.

 

Si les particuliers n’achètent que 10% des volumes de pesticides consommés en France, ils en font souvent un usage mal approprié, aux conséquences funestes pour l’environnement et pour leurs proches. C’est une des raisons qui poussent depuis une dizaine d’années des associations à réclamer que les super et hypermarchés –où se fournit 1 jardinier amateur sur 4- ne soient plus des lieux de vente pour ces produits toxiques. «Les pesticides n’ont rien à faire dans les rayons des supermarchés», estime Guénaelle Noizet, chargée de mission Environnement à la Maison de la consommation et de l’environnement (MCE). «Ils sont vendus sans conseil d’utilisation, sans proposition de solutions alternatives et ils sont coincés entre les rayons jouets et alimentation.» 

 

La MCE et l’association Eau et rivières de Bretagne mènent depuis plusieurs années des études sur le sujet, qui démontrent que les vendeurs en grande surface, «parfois difficiles à trouver», ont le plus souvent «le réflexe ‘pesticides’» et que l’affichage réglementaire concernant les zones interdites de traitement est «mal respecté». Les associations bretonnes, tout en saluant l’initiative d’un opérateur, «demandent à l'Etat de légiférer en vue d'un arrêt total de la vente de tous pesticides au grand public avec, en attendant, une vente au comptoir dans les magasins spécialisés».

 

Une initiative saluée par le sénateur écologiste Joël Labbé, qui compte déposer une proposition de loi cet automne pour interdire la vente de produits phytosanitaires aux particuliers, mais aussi «supprimer, d’ici 5 ans, l’usage des pesticides sur l’ensemble des espaces publics (collectivités, Etat, organismes publics, SNCF…)» et «lever les freins au développement des produits alternatifs (préparations naturelles peu préoccupantes)».

 



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