Les pesticides affectent les fonctions cognitives des agriculteurs

Le 31 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Les viticulteurs bordelais ont été suivis pendant 12 ans
Les viticulteurs bordelais ont été suivis pendant 12 ans

Une nouvelle étude vient accabler encore un peu plus les pesticides. Pour la première fois, le lien entre exposition à des pesticides et la perte de fonctions cognitives chez les personnes exposées a pu être établi.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a présenté mercredi 30 mai les travaux d'Isabelle Baldi, du laboratoire de «santé travail environnement» de Bordeaux. L’étude, intitulée «Phytoner» et publiée le 30 mai dans la revue Occupational and Environmental Medicine, détaille en effet les effets neurocomportementaux retardés des pesticides sur la santé d’un groupe de 929 ouvriers volontaires, dont 748 exposés. Dans ce cas précis, il s’agit d’une population de viticulteurs de Gironde suivis pendant 12 ans. «Bien que concernant un nombre important de travailleurs –entre 700.000 et un million en France-, les effets sur la santé des expositions prolongées aux pesticides sont mal connus», explique l’auteure.

Isabelle Baldi a réussi à montrer que les fonctions cognitives, comme la mémoire, la capacité de concentration, la vigilance, pâtissent de l’exposition prolongée aux pesticides.

Les sujets «les plus concernés par la baisse des performances faisaient appel aux fonctions fines de la cognition, c’est-à-dire celles qui permettent au niveau du cerveau de gérer les liens entre les informations entrantes et sortantes: attention, mémoire contrôlée, abstraction, et en particulier lorsque les sujets étaient chronométrés», explique la spécialiste.

Ces fonctions se dégraderaient plus rapidement chez les viticulteurs utilisant plusieurs traitements chimiques: au bout de 4 ans d’utilisation de produits chimiques, certains ont déjà vu leurs performances cérébrales chuter. Au bout de 12 ans, c’est jusqu’à 50% des viticulteurs qui souffrent d’une détérioration de leur santé.

La chercheure confirme également que les pesticides peuvent favoriser l’apparition de maladies neuro-dégénératives, telles qu’Alzheimer et Parkinson.

Un second suivi d’enquête est en cours. Il permettra de suivre l’évolution des troubles neurologiques constatés vers des maladies neuro-dégénératives. Le recueil des informations devrait s’achever au cours de l’année 2012.

Le 7 mai dernier, la maladie de Parkinson a été reconnue maladie professionnelle pour les agriculteurs (voir JDLE), ouvrant ainsi droit à une indemnisation pour les malades.

L’équipe d’Isabelle Baldi s’interroge maintenant sur la nature des molécules capables d’induire des troubles neurologiques centraux.

 



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