Les perturbateurs endocriniens impliqués dans la fracturation hydraulique

Le 18 décembre 2013 par Marine Jobert
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Des centaines de produits chimiques et quelques perturbateurs endocriniens
Des centaines de produits chimiques et quelques perturbateurs endocriniens

Il n’y a bien que certains parlementaires français pour croire encore que «les produits indispensables au procédé de fracturation [hydraulique] sont tous non toxiques». Les membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opesct) l’ont encore récemment écrit dans un rapport consacré aux techniques alternatives à la fracturation hydraulique, qui a été adopté fin novembre par 19 voix contre 2. Ils prendront certainement connaissance avec intérêt des observations réalisées par des chercheurs de l’université du Missouri (Etats-Unis), qui ont analysé des échantillons d’eau prélevés à proximité des nombreuses sites de forage de gaz naturel apparus ces dernières années dans leur Etat.

 

Les scientifiques ont sélectionné 12 substances, parmi une liste des produits couramment employés par l’industrie pétrolière du Colorado (environ 750) et sur lesquels pesaient des risques forts d’activité endocrinienne. Leur activité ostrogénique, anti ostrogénique, androgénique et anti androgénique a été étudiée.

 

Dans des rivières, des lacs ou des ruisseaux, des échantillons ont ensuite été collectés. De l’eau potable a été prélevée au robinet, en provenance du réseau de distribution, de puits artésiens ou de puits de surveillance de la qualité de l’eau. En tout, 39 prélèvements ont été réalisés. Des échantillons effectués sur un site indemne de toute activité pétrolière ont servi de valeur de référence.

 

Les sites de prélèvement, localisés dans le Colorado dans une zone où sont dénombrés 10.444 puits en activité,  n’ont pas été choisis au hasard: on y trouve une concentration de puits qui oscille entre 43 et 136 dans un rayon d’un kilomètre et un incident (ou une fuite) s’y est produit dans les 6 dernières années. Question: les lieux, et par ricochet, l’eau, portent-ils encore la mémoire de ces molécules chimiques?

 

Oui, répondent les chercheurs: une activité ostrogénique, anti ostrogénique, androgénique et anti androgénique a été relevée, respectivement dans 89%, 41%, 12% et 46% des échantillons. De nettes différences dans les résultats sont toutefois apparues entre les différents sites et ces résultats ne présentent pas de variation significative selon la provenance des échantillons (eau de surface, aquifère).

 

Mais les scientifiques concluent toutefois que «les échantillons prélevés sur ces sites où ont eu lieu des incidents répertoriés en lien avec le forage pour du gaz naturel ont une activité ostrogénique et androgénique supérieure à celle relevée sur des sites indemnes de ces activités». Les activités hormonales les plus élevées ont été relevées sur les sites où les fuites ont eu lieu; les chercheurs s’interrogent toutefois sur les effets de plusieurs incidents antérieurs, sans lien avec la fracturation hydraulique.

 

 



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