Les pêcheurs ne veulent plus du veau-marin

Le 08 novembre 2013 par Marine Jobert
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Phoca Vitulina, casus belli.
Phoca Vitulina, casus belli.
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Une cohabitation pacifique entre le phoque veau-marin et les pêcheurs, professionnels comme récréatifs, est-elle possible? C’est l’enjeu des discussions débutées ce 8 novembre par un groupe de travail ad hoc au sein du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, afin de proposer un état des lieux des connaissances actuelles, des études en cours et des mesures de gestion mises en place à l’étranger. Fort de ces informations, le conseil de gestion du parc pourrait annoncer des propositions en janvier prochain. C’est que, fraîchement créé en décembre 2012, ce parc naturel qui s’étend au large de la Seine maritime, de la Somme et du Pas-de-Calais, est déjà confronté à de solides tensions. Car les pinnipèdes sont très présents dans la zone: ils seraient 70 en baie d’Authie, une dizaine en baie de Canche et 400 en baie de Somme.

Prolifération contre protection

Ce sont surtout leurs habitudes alimentaires qui font polémique. Ration quotidienne: entre 2 et 4 kilogrammes de poissons (mulet, plie, orphie et dragonnet) et une fâcheuse tendance à s’empêtrer dans les filets des pêcheurs, qu’ils finissent par rompre. Quelques rencontres fortuites avec des pêcheurs à pied ont achevé de leur forger une réputation déplorable. En avril dernier, un «collectif de défense contre la prolifération des phoques et des veaux-marins» -qui regroupe essentiellement des marins pêcheurs et des fédérations de pêcheurs professionnels de loisirs ou à pied- était créé. Ses fondateurs militent contre «l’impact dévastateur de la prédation des phoques» et pour «l’instauration d’un plan ou d’un quota sur le nombre de phoques et veaux-marins autorisé» dans les estuaires de Picardie et du nord de la France. «Les phoques, c’est simple, on n’en veut pas!, déclarait en avril dernier Fabrice Gosselin, le président de l’association des pêcheurs à pied d’Etaples et co-initiateur du collectif de défense, dans la Voix du Nord. En mer, on a le droit d’effaroucher les oiseaux avec un fusil. Et il n’y a pas que les oiseaux que l’on va effaroucher, tu vas voir.» Un site internet vient d’être lancé, «destiné à recenser tous les dommages causés aux matériels de pêche des professionnels par des mammifères marins».

Concertation orientée

Même si le parc insiste sur la «concertation» en cours, il n’est pas exclu que les vues du collectif bénéficient de bons relais au sein du conseil de gestion, qui est l’organe de gouvernance du parc. En effet, les représentants «professionnels» occupent 22% des postes, ce qui fait d’eux le collège majoritaire, contre 21,5% pour les collectivités territoriales et 10% pour les services de l’Etat ou les associations environnementales. Reste la réglementation en vigueur: le veau-marin est une espèce protégée par la Convention de Berne et la directive Habitat. L’union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) l’a classé comme espèce en danger en France.

 



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