Les pays de l’Union européenne ont torpillé la PCP

Le 11 décembre 2018 par Stéphanie Senet
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Impasse sur la pêche durable
Impasse sur la pêche durable

 

Cinq ans après la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), les Etats de l’Union européenne ont pris tellement de retard que l’objectif d’atteindre une pêche durable en 2020 devient illusoire, selon un rapport publié ce 11 décembre par le WWF.

 

Maigre bilan. Avec une seule action entièrement mise en œuvre sur 46 (la tenue d’un registre de flotte), les pays de l’Union européenne «ont raté le coche sur les mesures qui auraient permis de rendre viables et durables des pêcheries fragilisées, de renforcer les écosystèmes marins et de préserver la biodiversité marine», estime le WWF.

RMD en vue en Irlande

Dans la majorité des cas (24 actions sur 46), l’entrée en vigueur s’avère très partielle. C’est le cas du rendement maximum durable (RMD), prévu à partir de 2015 et au plus tard en 2020. Selon l’ONG, seule l’Irlande a réellement amélioré la durabilité de la pêche entre 2015 et 2018. Même retard pour la création de zones de reconstitution des stocks, qui est au mieux «en cours» dans 6 pays (Estonie, Grèce, Pays-Bas, Portugal, Suède et Lettonie).

Captures accidentelles sans limites

Quant à l’obligation de limiter les captures accidentelles de poissons, seuls le Royaume-Uni et l’Espagne ont prévu des mesures d’évitement par type de flotte. A noter que l’Allemagne et l’Irlande ont réalisé un atlas des espèces les plus rejetées pour cibler des actions futures. Dans la majorité des cas, les Etats membres n’ont transmis aucune information.

Trop d’exemptions au débarquement

L’obligation de débarquement de toutes les captures n’entre en vigueur qu’à partir du 1er janvier 2019, mais le WWF estime, sans surprise, qu’elle ne sera pas appliquée à temps. La Commission européenne a en effet multiplié les exemptions permettant aux opérateurs de rejeter jusqu’à 7% de leurs prises en mer. Ces dérogations ont augmenté de 300% entre 2017 et fin 2018, empêchant tout changement dans l’activité des navires de pêche. Pour inverser la tendance, l’ONG recommande aux Etats membres de recourir au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp) pour investir dans des engins de pêche plus sélectifs. Ce fonds a été très peu actionné entre 2014 et 2018. Signe que les Etats membres ne se mobilisent même pas pour demander des financements auxquels ils ont droit.

 



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