Les Pays-Bas ne produiront plus de gaz de Groningue

Le 29 août 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une autre version du gaz à tous les étages.
Une autre version du gaz à tous les étages.
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C’est la fin d’une aventure industrielle et énergétique hors normes. Découvert à l’orée des années 1960, le gisement de gaz naturel de Groningue est le plus important d’Europe. Situé au nord des Pays-Bas, ses réserves furent évaluées à 2.820 milliards de mètres cube[1], dont plus de la moitié ont été consommés.

Problème: à mesure que les gisements se vident, les terrains s’affaissent, provoquant des tremblements de terre. Depuis le début de la décennie, les séismes se multiplient et leur puissance s’accroit. En mai 2019, un phénomène d’une magnitude de 3,4 sur l’échelle de Richter a fait trembler la terre et les murs. Les façades de milliers de logements sont déjà lézardées.

1.2 milliard de dédommagements

La Nederlandse Aardolie Maatschappij (NAM), qui a le monopole de l’exploitation du gisement, a déjà versé 1,2 milliard d’euros de dédommagements. Sans calmer les ardeurs des riverains: 700 propriétaires et une douzaine de bailleurs ont assigné la filiale commune de Shell et d’Exxon devant la justice et lui réclament le paiement de la valeur de 100.000 logements.

Inexorable déclin

Les dommages matériels ne sont pas tout. Inexorablement, la production décline. En 2013, la NAM a réussi à extraire 54 milliards de m3. Cette année, ses clients se partageront moins de 13 milliards de m3. L’explosion annoncée des coûts, conjuguée à la chute des rendements, condamnent Groningue.

En juin dernier, le gouvernement néerlandais a fixé à 2030 la fin de l’exploitation du gaz. Cedélai devrait être raccourci. Mardi 27 août, le ministre de l’économie a laissé entendre, au cours d’un entretien radiophonique, que les vannes pourraient bientôt être actionnées: «les événements vont très vite, bien plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer», a indiqué Eric Wiebes. Le parlement devrait être informé, dans les prochaines semaines, de la date d’arrêt de la production. Le chapitre de la maladie hollandaise est bel et bien fermé.



[1] Soit l’équivalent de 70 années de consommation française, au rythme actuel.

 



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