Les partis britanniques en campagne pour les législatives

Le 19 mai 2017 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les Britanniques invités aux urnes le 8 juin
Les Britanniques invités aux urnes le 8 juin

Alors que les élections législatives se tiendront le 8 juin outre-Manche, les principaux partis ont diffusé leurs programmes ces 8 derniers jours. La lutte contre la pollution atmosphérique, l’interdiction de la fracturation hydraulique et des pesticides néonicotinoïdes représentent les thématiques les plus citées en matière d’environnement.

 

Dans leur programme publié le 11 mai, les Verts veulent interdire, une bonne fois pour toute, la fracturation hydraulique (comme les travaillistes) et sortir du charbon au plus tard en 2023. Sur le nucléaire, l’objectif est de mettre fin au projet d’Hinkley Point C et d’abandonner tout nouveau projet de centrale. Ils assurent aussi que tout nouvel investissement sera orienté vers les énergies renouvelables, en particulier l’éolien terrestre et le photovoltaïque.

Les travaillistes expliquent, dans leur opus diffusé le 11 mai, qu’un ménage sur 10 est en situation de précarité énergétique. Ils visent donc à plafonner d’urgence le prix de l’énergie pour que la facture annuelle d’un ménage ne dépasse pas 1.200 euros. Ils s’engagent aussi à isoler 4 millions de logements (dans quel délai?). Côté nucléaire, l’objectif n’est ni la réduction ni le plafonnement des capacités, mais «le soutien de nouveaux projets de centrales pour protéger les emplois».

 

Une énergie à moindre coût

Les conservateurs ont été les derniers à publier leur programme –préfacé par la Première ministre Theresa May- le 18 mai. Leur idée? Réduire le plus possible le coût de l’énergie, de façon à «être compétitif au niveau international». Ils estiment qu’il n’est pas nécessaire de développer l’éolien terrestre, contrairement à l’éolien offshore, et qu’il faut favoriser la fracturation hydraulique du gaz de schiste, suivant le modèle américain. Sans doute insuffisant pour atteindre les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80% en 2050[1].

Enfin les libéraux-démocrates, dans leur programme publié le 17 mai, s’engagent aussi à interdire le fracking et à augmenter la production d’électricité d’origine renouvelable à 60% d’ici 2030. Ils sont les seuls à proposer des objectifs de réduction des émissions plus ambitieux, visant 80% de moins en 2040. Côté rénovation, ils visent 4 millions de logements à haute efficacité énergétique en 2022.

 

La fin des néonicotinoïdes

Le programme du Labour Party vise globalement à rendre plus durable l’agriculture, la pêche et l’industrie agroalimentaire, et plus précisément à interdire les pesticides néonicotinoïdes.

Les Verts rappellent qu’ils souhaitent réglementer le recours aux pesticides et aux produits chimiques dans les jouets. Un régulateur et une cour judiciaire spécialisés seront chargés de veiller au grain.

Les conservateurs n’abordent pas le sujet tandis que les libéraux veulent «suspendre les néonicotinoïdes jusqu’à ce qu’il soit démontré qu’ils ne mettent pas en danger les abeilles».

Comme en France, le bien-être animal a gagné un peu de terrain dans les programmes politiques. Les travaillistes veulent ainsi aggraver les peines en cas d’actes de cruauté, interdire totalement le commerce de l’ivoire et la présence d’animaux sauvages dans les cirques.

 

Haro sur le diesel

Lutter contre la pollution atmosphérique reste une priorité pour la plupart des partis. Mais les moyens diffèrent. Les Verts veulent étendre le réseau des zones à basse émission, abandonner progressivement les véhicules diesel, et promouvoir le vélo et la marche. Au contraire, les conservateurs comptent investir 46,5 Md€ dans le déploiement de routes et de lignes ferroviaires. Ils visent toutefois un parc de voitures et d’utilitaires quasiment électrique à 100% en… 2050. Pour cela, l’investissement s’élèvera à 700 M€ d’ici 2020.

Les travaillistes ont axé leur stratégie Transports sur l’essor des bus haut de gamme, «la modernisation des bus diesel» et le déploiement du réseau ferroviaire public (sans chiffrer l’investissement). Le plan en faveur du vélo sera par ailleurs maintenu. Moins bon pour le climat, un projet d’aéroport dans le sud-est de l’Angleterre est soutenu. Ils comptent enfin légiférer en s’appuyant sur un Clean Air Act.

Les libéraux ont eu la même idée. Ils promettent un plan pour la qualité de l’air. Objectifs: interdire les voitures et les utilitaires diesel en 2025 et créer des zones à basse émission dans 10 nouvelles villes.

Enfin, pour réduire la production de déchets, les Verts veulent mettre l’accent sur la réutilisation, avec l’introduction d’un système de consigne. Les libéraux veulent quant à eux légiférer. Leur Zero Waste Act fixera des objectifs de réduction de la consommation de ressources et favorisera l’éco-design pour améliorer la réparabilité des produits, leur réutilisation et leur recyclage. Autre idée: introduire une taxe de 5 pences –déjà en vigueur pour les sacs en plastique- sur les tasses à café jetables.

Selon les récents sondages, le parti conservateur obtient une bonne longueur d’avance avec 46% des intentions de vote, devant le parti travailliste (30%), et les libéraux-démocrates (9%).



[1] Par rapport à 1990

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus