Les particules fines délétères, même en dessous des normes européennes

Le 10 décembre 2013 par Marine Jobert
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Une particule fine.
Une particule fine.
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Connaissez-vous la girafe Atmo? Quand la qualité de l’air se dégrade, la mascotte des associations de surveillance de la qualité de l'air passe du vert au rouge et son cou se déforme. Depuis plusieurs jours, l’Atmo parisienne vire à l’écarlate et souffre d’un torticolis; ce 10 décembre, le seuil d’alerte pour les particules fines (PM10) a été dépassé[1], avec une concentration de 90 microgrammes par mètre cube, selon Airparif. La préfecture de Paris a émis un bulletin d’alerte pour enjoindre aux citadins de mesurer leurs efforts et limiter leurs déplacements. Une situation qui se répète dans plusieurs agglomérations. Dans un communiqué, la mairie de Paris indique qu’entre 2002 et 2012, la capitale a connu une diminution de 35% des particules PM10 et de 40% des particules PM2,5.

Poumons et cœurs à la peine

Des améliorations qui ne pèsent pas lourd après la publication, le 9 décembre, d’une étude dans la revue médicale britannique The Lancet, qui conclut à la nocivité de l’exposition à long terme aux particules fines PM2,5, et ce même en dessous des normes fixées par l’Union européenne. Ces particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns sont associées à un accroissement des symptômes des voies respiratoires et des maladies respiratoires obstructives chroniques, une réduction de la capacité respiratoire chez l’enfant, une augmentation de la mortalité cardio-pulmonaire et du cancer du poumon chez l’adulte, rappelle Airparif.

Les PM2,5, les plus dangereuses

Dans le cadre du projet européen Escape[2], l’évolution de la santé de 367.251 personnes, recrutées dans 13 pays, a été suivie pendant près de 14 ans en moyenne, au fil de 22 études européennes. Les chercheurs ont évalué, en fonction de leur lieu de résidence, l’exposition de ces cohortes à des concentrations types de particules (PM2,5, PM10 et les «particules grossières», entre ces deux tailles) et à des oxydes d’azote (NO2 et NOx). Deux situations ont été testées, la première à proximité d’un axe routier fréquenté, la seconde à 100 mètres en retrait de la voie.

Réglementation insuffisante

Plusieurs observations en découlent. D’abord, une différence de 5 µg/m3 d’air de la concentration en PM2,5 sur l'année accroît de 7% le risque de mourir d'une cause naturelle (ce qui exclut les décès par suicide ou accident). Des observations faites alors même que la concentration en particules fines est inférieure à celle préconisée par la réglementation européenne, qui fixe le plafond moyen annuel de 25 µg/m3, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise 10 µg/m3 comme valeur-limite.

Black carbon

L’agence européenne de l’environnement publie ce 10 décembre un rapport consacré au «black carbon» (le mot anglais pour particules fines), qui affecte la santé et la biodiversité, mais aussi participe du changement climatique en renforçant l’absorption des radiations solaires. L’agence dresse un tour d’horizon de la discussion scientifique en cours sur le sujet et des réglementations en vigueur au sein de l’Union, en vue de l’élaboration d’une unité de mesure spécifique.

 

 

 

 

 



[1] Il est déclenché à partir de 80 µg/m3 sur 24 heures.

[2] European Study of Cohorts for Air Pollution Effects.

 

 



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