Les Parisiens malades du bruit

Le 17 septembre 2015 par Romain Loury
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Paris cerné par le bruit
Paris cerné par le bruit

Dans l’agglomération parisienne, le bruit fait perdre chaque année 75.000 années de vie en bonne santé, révèle une étude menée par l’Observatoire régionale de santé (ORS) d’Ile-de-France. Première cause, les troubles du sommeil, suivie de la gêne au quotidien.

Menée par l’ORS et Bruitparif, cette étude est la première à évaluer l’impact sanitaire du bruit sur les plus de 10 millions d’habitants de l’agglomération parisienne. Elle s’appuie sur une méthode proposée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), celle des années de vie en bonne santé perdues, ou DALY (Disability-Adjusted Life-Years).

A l’aide de cartes du bruit dans l’agglomération parisienne, ville qui s’est dotée d’un nouveau plan de prévention au printemps, les chercheurs estiment que le bruit serait à l’origine d’environ 75.000 DALY perdues chaque année, l’équivalant d’environ 3,8 milliards d’euros par an.

En d’autres termes, chaque habitant de l’agglomération parisienne perdra en moyenne, sur sa vie, 7,3 mois de vie en bonne santé du seul fait du bruit, et même jusqu’à 18 mois s’il habite à côté de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle.

Sommeil, gêne, infarctus

Première problème lié au bruit, les troubles du sommeil, avec 44.000 DALY perdues chaque année, suivies par la gêne (30.000 DALY). En troisième position, les infarctus, avec seulement 755 DALY, mais dont 53 mortels seraient chaque année imputables au bruit. Viennent ensuite les acouphènes, avec 515 DALY perdues par an.

Sans surprise, c’est le trafic routier qui constitue la première source de nuisance sanitaire, avec 84% des DALY perdues chaque année, le reste se répartissant de manière équitable entre le trafic ferroviaire et le trafic aérien.

Parmi les principaux écueils à l’étude du bruit, la possible confusion avec la pollution atmosphérique, également facteur de maladies cardiovasculaires. La proximité des routes à fort trafic a d’ailleurs un autre effet sanitaire jusqu’alors peu connu, que l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de mettre en évidence lors d’une étude publiée mardi 15 septembre: elle serait liée à un risque accru de 30% d’un certain type de leucémies, celles dites myéloblastiques, chez les enfants dont le domicile possède, dans un rayon de 150 mètres, au moins 260 mètres d’une voie à trafic intense.

Pour les chercheurs, ces données restent à affiner, notamment en améliorant la qualité des données d’exposition au bruit. Seul celui lié au trafic a été pris en compte, alors que le bruit engendré par les lieux de loisirs et récréatifs, notamment les bars et discothèques, n’a pas été intégré.

De plus, le bruit aurait bien d’autres effets sanitaires que ceux analysés dans l’étude: il favoriserait aussi l’obésité, de l’hypertension, des accidents vasculaires cérébraux (AVC), mais aussi des troubles de l’apprentissage et de la concentration chez l’enfant.

Selon un rapport publié en décembre 2014 par l’Agence européenne de l’environnement (EEA), le premier relatif au bruit, il serait responsable d’au moins 10.000 morts chaque année dans l’Union européenne, dont 24% de la population est soumise à un niveau sonore supérieur à 55 décibels (55 dB).



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