Les parcs naturels régionaux fêtent leurs 40 ans

Le 06 mars 2007 par Claire Avignon
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Demain s’ouvre à Paris une exposition gratuite sur les parcs naturels régionaux (PNR). L’occasion de discuter l’intérêt environnemental de cet outil chargé de protéger le patrimoine naturel sans pouvoir contraignant.

C'est l'année des PNR. Quarante ans après la publication du décret (1), la Fédération nationale des PNR (FNPNR) veut fêter l'anniversaire en grande pompe, avec la création d'un logo, d'un slogan («une autre vie s'invente ici»), l'organisation d'événements nationaux et locaux, et même d'un congrès en octobre. «2007 est l'occasion de remettre la question des PNR au coeur des enjeux actuels, de montrer que ce sont des outils modernes, qui allient approche participative, développement responsable, sauvegarde de la biodiversité, et lutte contre le réchauffement climatique», estime Jean-Louis Joseph, président de la FNPNR.

Au moment où la plupart des indicateurs liés à la biodiversité sont au rouge en France, le président déclare pourtant: «Dans les parcs, nous avons le sentiment d'être en reconquête de la biodiversité». Même si, tempère Gérard Moulinas, directeur de la fédération, «il est difficile de faire l'inventaire de la flore». De son côté, Aline Cattan, chef du bureau des protections contractuelles au ministère chargé de l'environnement estime l'érosion de la biodiversité (2) «moins forte dans les parcs». Les 45 PNR représentant 13% du territoire national, ce serait un bon début pour atteindre le très ambitieux objectif européen d'enrayer la perte de biodiversité d'ici 2010.

Mais pour quelles raisons les PNR réussiraient-ils là où les autres territoires échouent? D'abord parce que l'objectif des PNR est avant tout de protéger le patrimoine culturel, naturel et paysager d'un territoire. Pour cela, chaque parc établit une charte révisée tous les 12 ans, dans laquelle les communes adhérant au PNR s'engagent à un certain nombre de «contraintes librement consenties», selon les termes de Jean-Louis Joseph. Résultat: le PNR intervient dans toutes la plupart des décisions d'aménagement du territoire, «sans pouvoir d'interdiction mais avec un pouvoir de médiation fort», insiste Paul Raoult, président du PNR de l'Avesnois.

Ainsi, lorsqu'un maire établit le plan local d'urbanisme (Plu) de sa commune, l'équipe du PNR l'aide à éviter le mitage. Les PNR interviennent également dans la gestion des zones Natura 2000 et des réserves naturelles.

Malgré le succès des PNR en termes d'image, les associations de protection de l'environnement restent plus circonspectes vis-à-vis de la réussite environnementale des parcs. «Cela va mieux avec un parc que sans parc», concède Gilles Naudet, représentant du président de France Nature environnement (FNE) à la commission PNR du Conseil national de protection de la nature (CNPN). «Mais l'action que mène l'Etat pour faire respecter les chartes et obtenir des chartes plus conséquentes est insuffisante», continue l'homme qui préside également l'Union des amis du PNR du Gatinais français.

Une critique qui émane également du ministère chargé de l'environnement lui-même. Dans un rapport, l'Inspection générale de l'environnement (IGE) a demandé un réexamen de «la question de l'élaboration des chartes selon une démarche plus rigoureuse». Toujours selon l'IGE, certaines chartes «ressemble[nt] davantage à un catalogue de bonnes intentions, dont les complémentarités ne sont pas toujours évidentes, qu'à un véritable projet de développement territorial durable».

Ainsi, selon les ONG, les chartes n'empêchent pas l'excès d'urbanisation de certains PNR. Quant à Maxime Paquin, chargé de mission du réseau «milieux naturels» de FNE, il dénonce le développement du tourisme de masse qui touche des milieux fragiles, notamment dans les PNR où le ski attire de nombreux vacanciers. L'IGE, elle, estime que «la stratégie nationale pour la biodiversité doit interpeller les parcs naturels régionaux dans la définition de leurs principaux objectifs et le suivi de leurs résultats».

Toutes ces critiques devraient être discutées lors du congrès appelé «Journées nationales» du 3 au 5 octobre, dans le parc Loire-Anjou-Touraine.



(1) Décret 67-158 du 01/03/1967 instituant des parcs naturels régionaux

(2) Selon le ministère chargé de l'environnement, en France, sur 4.500 espèces (végétales et animales) indigènes recensées, 943 sont menacées, 387 espèces sont en danger ou vulnérables et 70 rares. 25 se sont déjà éteintes ou sont présumées éteintes.





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