Les parcs nationaux anglais: future poubelle nucléaire?

Le 31 juillet 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le site devra stocker près de 500.000 m3 de déchets nucléaires.
Le site devra stocker près de 500.000 m3 de déchets nucléaires.
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Une commission parlementaire britannique appelle le gouvernement à autoriser la prospection de site susceptible d’accueillir un stockage de déchets hautement actifs dans les parcs nationaux.

 

Cherche site géologiquement stable, peu perméable et totalement protégé. Tel pourrait être le libellé d’une annonce que publierait la Nuclear Decommissioning Authority[1] (NDA). A l’instar de nombre des gestionnaires de déchets radioactifs dans le monde, la NDA est en quête d’un exutoire définitif pour les déchets nucléaires à haute et moyenne activité dont elle a la charge.

 Comme en France, en Suède, en Belgique ou en Finlande, le Royaume-Uni a fait le choix du stockage géologique pour ses déchets nucléaires les plus dangereux. Pour y stocker ad vitam les 450.000 mètres cubes de résidus très actifs que produira l’industrie atomique britannique[2], la NDA prévoit d’installer les galeries où seront creusées les alvéoles (verticales) de stockage à une profondeur comprise entre -200 et -1.000 mètres. Le site sera définitivement fermé à la fin du siècle.

Ouverture en 2040

La recherche d’une commune accueillante a débuté récemment. En 2012, le gouvernement avait sélectionné un site dans le comté de Cumbria (nord-ouest de l’Angleterre). Les autorités locales avaient refusé d’accueillir l’installation souterraine. La NDA espérait faire une nouvelle sélection pour 2017, malheureuse année d’élections. La décision définitive ne devrait finalement être prise que dans une quinzaine d’années. L’inauguration du stockage étant prévue pour 2040. Au mieux.

Sûreté first

Reste que les collectivités ne se pressent pas au portillon atomique. Pour déranger le moins de monde possible, des parlementaires font une proposition audacieuse. Dans un rapport mis en ligne mardi 31 juillet, les membres de la commission parlementaire sur l’économie, l’énergie et l’industrie proposent de creuser dans le sous-sol des sites protégés, voire des parcs nationaux. Les critères de sûreté doivent prévaloir sur ceux de l’environnement, justifie la députée travailliste Rachel Reeves présidente de l’aréopage.

Les parlementaires ne font, il est vrai, que s’inspirer d’une loi votée (par les conservateurs) qui autorise la fracturation hydraulique dans les parcs nationaux. Un rêve caressé par un certain Donald Trump.



[1] administration britannique en charge du démantèlement des installations nucléaires et de la gestion des déchets radioactifs et des résidus de déconstruction

[2] auxquels il faudra sans doute aussi ajouter les combustibles usés

 



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