Les organochlorés perturberaient l’implantation de l’œuf fécondé

Le 08 septembre 2011 par Romain Loury
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Les pesticides organochlorés, des perturbateurs endocriniens encore présents dans l’alimentation, pourraient diminuer la fertilité chez les femmes en agissant dès le stade de l’implantation, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP).
 
Si le fongicide HCB (hexachlorobenzène) est interdit par la convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, il demeure présent dans l’alimentation, du fait qu’il constitue un sous-produit de processus de chimie industrielle. De même pour l’insecticide DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), dont l’usage a été restreint à la lutte contre le paludisme dans les pays du Sud.
 
Bilan: le HCB, le DDT et son principal métabolite, le DDE (dichlorodiphényldichloroéthylène), «continuent à être détectés dans le sang humain, dans le lait maternel, dans le liquide folliculaire (qui baigne les ovules en maturation), dans le liquide amniotique et dans le sang de cordon ombilical», rappellent Shruthi Mahalingaiah, du Brigham and Women’s Hospital de Boston (Massachusetts), et ses collègues.
 
Ces perturbateurs endocriniens, en particulier le HCB, pourraient dès lors avoir un effet délétère à un stade très précoce de la grossesse, celui de l’implantation (six jours après la fécondation), au cours duquel l’œuf s’attache à la muqueuse utérine.
 
Les chercheurs ont analysé 765 femmes ayant recouru à la fécondation in vitro (FIV) entre 1994 et 2003, soit un total de 827 cycles dont 541 ont échoué. Chez les personnes dont le taux de HCB était le plus élevé, le risque d’échec d’implantation était multiplié par 2,32. Une tendance similaire, mais moins marquée, était observée avec le DDT et le DDE.
 
Si l’étude ne porte que sur la FIV, les chercheurs estiment que cet effet délétère pourrait également survenir lors d’une procréation naturelle. Dès lors, ces résultats pourraient ne refléter que «la partie basse» du phénomène: lors d’une étude américaine conduite au début des années 2000 sur la population générale, les concentrations sanguines en HCB et DDT étaient encore plus élevées que celles relevées dans cette étude.


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