Les opposants à la ferme des 1.000 vaches rencontreront Duflot et Martin

Le 16 janvier 2014 par Marine Jobert
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Le hangar, envahi par la Conf', où seront entreposées les vaches.
Le hangar, envahi par la Conf', où seront entreposées les vaches.
©Mathieu Eisinger

Après des mois de mutisme ministériel, ils viennent d’obtenir audience auprès de Cécile Duflot -la semaine prochaine- et de Philippe Martin le 30 janvier. Les membres de la Confédération paysanne et de l’association locale Novissen[1], qui ont occupé toute la matinée le chantier de la future ferme industrielle dite «des 1.000 vaches» en Picardie, voient avec soulagement ces deux ministres-clés s’intéresser enfin au dossier. Stéphane Le Foll, lui, n’a jamais pris clairement position[2].

 

Le projet, qui envisage de rassembler 1.000 vaches laitières, 750 génisses et une unité de méthanisation de 1,5 mégawatt, intéresse les ministres du logement et de l’écologie à deux titres: d’abord parce qu’il y est question d’urbanisme -pour la construction des bâtiments-, ensuite parce qu’un complexe agricole de cette taille est classé comme une installation industrielle présentant des risques pour l’environnement (les fameuses ICPE).

 

A Cécile Duflot, Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, compte bien demander de refuser au porteur du projet son permis de construire modificatif, qui lui permettrait d’augmenter la surface initialement déclarée en préfecture. D’autant que les travaux ont déjà été bien entamés, comme l’a observé Novissen en survolant les lieux en ULM (ce sont 460 mètres carrés qui sont en train d'être construits en dehors de toute autorisation, affirme l’association). «N’importe quelle personne qui demande un permis de construire et qui ne le respecte pas est considérée comme contrevenant», fait valoir Laurent Pinatel au Journal de l’environnement.

 

A Philippe Martin, les opposants à ce projet (d’une taille courante en Allemagne, mais qui constituerait une première en France) veulent faire préciser les intentions réelles du gouvernement en matière agricole. «On lui demandera si ce projet est cohérent avec sa vision globale de l’agriculture et de l’environnement», détaille Laurent Pinatel. Philippe Martin détient les clés du projet, puisque c’est à ses services que reviendra la charge d’accorder, ou non, l’autorisation d’exploiter le lait et les rots des 1.000 vaches et 750 génisses[3]. «On lui demande d’arrêter la machine», explique Laurent Pinatel, qui espère également que la loi d’avenir pour l’agriculture, en cours de discussion, contiendra à terme des dispositions qui rendront impossibles de tels projets industrialo-agricoles.

 



[1] Novissen= «NOs Villages Se Soucient de leur Environnement», ou phonétiquement «Nos vies saines»

[2] «Le problème de ce projet, ce n’est pas les 1.000 vaches; la question, c’est combien il y a d’agriculteurs derrière. Pour moi, ce sont les hommes qui comptent», déclarait-il récemment sur France Info.

[3] Une première autorisation a été accordée pour 500 têtes.

 

 



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