Les opérateurs publient leurs premiers chiffres

Le 28 juin 2005 par Christine Sévillano
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Le SPDE vient de publier un recueil de données économiques, techniques et sociales des services collectifs de l'eau et de l'assainissement.

Avec l'aide du Bureau d'informations et de prévisions économiques (Bipe), le Syndicat professionnel des entreprises de services d'eau et d'assainissement (SPDE) a élaboré un premier tableau économique, technique et social du secteur de l'eau et de l'assainissement grâce à l'analyse des données collectées auprès des organismes publics (ministère, agences de l'eau, Institut français de l'environnement –Ifen-, etc.) et des entreprises membres du syndicat. «L'idée est de donner des éléments aux acteurs de l'eau et plus particulièrement aux décideurs publics locaux. Nous devrions remettre à jour le recueil tous les ans et l'enrichir en commençant dès l'an prochain à ajouter des données sur la qualité de l'eau», explique Bernard Guirkinger, président du SPDE et PDG de Lyonnaise des eaux.

La compilation des données montre qu'il existe plus de 29.000 services publics en eau et/ou en assainissement. Les opérateurs privés gèrent environ 9.400 contrats de délégation de service public. «Nous notons un recours croissant à l'intercommunalité dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, un phénomène qui  continuera sa progression dans les années à venir», poursuit Bernard Guirkinger. 62% des Français disposent d'un service d'eau potable géré par un système intercommunal contre 59% en 1998. Sur les 155 communautés d'agglomérations recensées au 1er janvier 2004, près des trois quarts ont pris au moins une compétence en matière d'eau (eau potable, assainissement).

Le marché de l'eau et de l'assainissement s'est monté à près de 12 milliards d'euros en 2003 avec 44% à destination des collectivités, 38% pour les délégataires et 18% ont été absorbés par l'Etat et les agences de l'eau. Le poids économique des délégataires est différent selon que les chiffres portent sur l'eau ou l'assainissement: dans le premier cas, ils représentent 52% contre 38% pour les collectivités; dans le second 20% seulement, alors que les collectivités reçoivent 51% des 6,5 milliards d'euros, la sommes facturée pour l'assainissement seulement. En fait, sur les 12 milliards, les délégataires perçoivent 6,5 milliards d'euros dont ils versent une partie (2 milliards) aux collectivités. Le chiffre d'affaires de leur profession s'élève donc à environ 4,5 milliards d'euros. Dans un tableau qui récapitule l'ensemble des flux financiers, il est précisé que les collectivités locales reçoivent aussi 3,3 milliards d'euros des consommateurs, 638 millions des départements et des régions et plus d'un milliard de subvention.

Le tableau fait aussi le point sur le prix du service de l'eau (et pas seulement sur le prix de l'eau), qui comprend l'ensemble des prestations du captage au rejet de l'eau dans son milieu naturel après passage dans la station d'épuration. Avec une base 100 donnée en 1994, on voit que l'indice des opérateurs privés du SPDE a atteint 129,1 en 2004, soit une augmentation plus faible que l'indice Insee qui comprend le prix moyen de tous les services publics ou privés. «Le différentiel de prix nous est favorable, mais l'augmentation du prix des services de l'eau est surtout due aux investissements effectués pour développer les outils d'assainissement, comme la réglementation européenne l'exigeait», affirme Patrick Barthélémy, vice-président du syndicat et PDG de Saur France. Les délégataires assurent d'ailleurs avoir investi près de 700 millions d'euros pour le renouvellement des équipements et des locaux professionnels et 116 millions pour les activités de la recherche, comme la mise au point de traitement de dépollution, des techniques d'élimination des boues ou la conception de nouveaux modes d'intervention pour l'entretien des réseaux.

Sur le plan de la concurrence, la SPDE constate que chaque année les collectivités lancent entre 470 et 690 appels d'offres pour la gestion des services d'eau, avec une remise en concurrence qui a diminué puisque la durée des contrats est passée de 15 à 11 ans. Le terme de ces opérations révèle que 2% des procédures sont passées en régie, 4% en délégation et 94% n'ont pas changé de mode de gestion. La collectivité qui est en gestion déléguée change d'opérateur dans un cas sur dix. Générale des eaux détient 39% du marché, Lyonnaise des eaux, 22%, Saur, 10%. En tout, les délégataires privés desservent les trois quarts de la population français, le reste étant assuré par les opérateurs publics. «Le marché de l'eau demeure stable en France. Seule la hausse de la technicité nécessaire à l'assainissement peut faire augmenter les parts des opérateurs privés, les régies ayant peu de moyens pour y faire face», conclut Bernard Guirkinger.

Les prélèvements d'eau, qui s'élèvent à 32 milliards de mètres cubes chaque année (dans les eaux de surface ou souterraines), sont utilisés pour la production d'énergie à 59%, pour la distribution d'eau potable à 18%, pour l'industrie à 12% et pour l'agriculture à 11%. Chaque Français consomme en moyenne 137 litres par jour pour ses différents usages domestiques.




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