Les ONG fustigent la mission Pêches profondes

Le 13 juillet 2010 par Célia Fontaine
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Dans un communiqué commun du 9 juillet, des ONG s’insurgent contre le manque de transparence et les jeux politiques déplacés de la mission Pêches profondes (MPP), mandatée par les ministres de la pêche et de l’écologie lors du Grenelle de la mer.

Selon le WWF, Greenpeace, la Fondation Nicolas Hulot et l’association Bloom, la MPP « entérine la destruction des écosystèmes profonds », « c’est un échec cuisant à tous points de vue ». En cause, le rapport produit par Alain Biseau de l’Ifremer, rapporteur de la mission présidée par le député-maire de Pornic, Philippe Boënnec. Le texte, qui devait recevoir la signature des ONG, ne permettrait pas à la MPP de répondre à sa lettre de mission, dont l’objectif principal est de « s’assurer que les pêches en eaux profondes sont viables économiquement, socialement et écologiquement, pour que leur poursuite, éventuellement adaptée, puisse être envisagée ».

Dénonçant un « exercice de manipulation de l’information servi par une connivence entre les représentants de la pêche profonde et le rapporteur », les ONG regrettent que la MPP ne se soit pas inspirée comme elle l’aurait dû des résolutions des Nations unies de 2006. En vertu de ces textes, les pêches profondes doivent, pour pouvoir opérer, être en mesure de prouver qu’elles n’impactent pas de façon significative les habitats profonds et les espèces qui les peuplent. « Dès le début, la mission a refusé d’adopter une quelconque méthodologie qui aurait permis d’approcher cet objectif », est-il précisé dans le communiqué commun.

Pour les ONG, le rapport de l’Ifremer « tente de faire croire que les pêches profondes sont durables, écologiquement acceptables, et, comble de l’imposture, qu’elles sont rentables économiquement ». Les chiffres brandis par les associations montrent en effet le contraire.

Les impacts sur les écosystèmes ne semblent pas avoir été pris en compte. Par exemple, aucune mesure n’est proposée pour régler la question des « prises accessoires », c'est-à-dire des poissons non visés pris par mégarde dans les filets, comme certains requins menacés d’extinction. Le fait de préconiser le financement, sur les fonds publics, d’une démarche de certification écologique des pêches profondes d’Atlantique Nord-est est jugé tout à fait hors de propos puisque, comme le rappellent les ONG, 100 % des populations de poissons d’eau profonde ciblés sont en dehors des limites de sûreté biologique.

Enfin, il est reproché à la MPP d’éviter la question centrale de la réduction des captures et de la durabilité économique de ces pêches. « De manière générale, nous ne sommes pas d’accord avec la méthode utilisée par la mission », explique Charles Braine, chargé de programme Pêche durable au WWF-France. « La première version du rapport d’Alain Biseau avait été rendue publique en mars dernier avant même que les associations puisse le relire, ce qui est inadmissible », précise-t-il.



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