Les ondes AM, ennemies des oiseaux migrateurs

Le 12 mai 2014 par Romain Loury
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Le rouge-gorge, peu adepte des ondes radio
Le rouge-gorge, peu adepte des ondes radio
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Les oiseaux migrateurs seraient désorientés par les ondes radios de type AM, selon une étude allemande menée sur les rouges-gorges et publiée dans la revue Nature.

Ces ondes pourraient chambouler la boussole magnétique de ces oiseaux, qui les guide dans leur migration. Et ce à des niveaux bien moindres que ceux considérés comme sans problème sanitaire pour l’homme, fixés par International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (ICNIRP), expliquent les chercheurs de l’université d’Oldenburg (Basse-Saxe) dans leur étude.

Afin de montrer cela, ils ont isolé des rouges-gorges dans des cages dont certaines comportaient un «bouclier» en aluminium contre le bruit électromagnétique présent sur le campus, du moins celui compris entre 50 kHz et 20 MHz (dans la gamme des ondes AM), mais pas contre le champ terrestre.

Ces animaux se positionnaient du côté nord de la cage, tandis que ceux qui n’étaient pas abrités de ce bruit de fond se plaçaient de manière aléatoire. Le fait de réintroduire une nouvelle source d’ondes dans ces «bunkers» électromagnétiques désorientait de nouveau les rouges-gorges. Et ce à une intensité assez faible, équivalente à celle rencontrée à 5 km d’une station radio.

Selon les chercheurs, «les oiseaux migrateurs de nuit connaissent un déclin rapide, et le bruit électromagnétique d’origine humaine pourrait y contribuer (…). Toutefois, des milliards d’oiseaux migrateurs trouvent chaque année leur chemin, ce qui pose la question de la localisation de ces effets de désorientation». De plus, le champ magnétique n’est qu’un des outils utilisés par ces oiseaux pour se guider, avec la vue et l’odorat.

«Toutefois, si l’effet rapporté par les auteurs venait à être confirmé par d’autres études, il faudrait probablement abandonner de manière graduelle l’usage de cette portion du spectre électromagnétique [qui ne contient pas les ondes utilisés par les téléphones portables, de fréquence plus élevée, ndlr], et mettre au point des stratégies afin de minimiser ce bruit de faible fréquence, et d’aider les oiseaux migrateurs à trouver leur chemin», commente Joseph Kirschvink, biologiste au California Institute of Technology à Pasadena, dans un éditorial.



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