Les oméga-3 végétaux, des usurpateurs ?

Le 14 septembre 2011 par Romain Loury
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Seuls les oméga-3 provenant du poisson, et pas ceux d’origine végétale, diminueraient le risque cardiovasculaire, selon une étude danoise publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition (ACJN).
 
Si les bienfaits cardiaques des oméga-3 ne sont plus à démontrer, reste à savoir si tous sont équivalents. Notamment l’acide alpha-linolénique (ALA), d’origine végétale (noix, soja, huile de colza)… ou plutôt sa capacité à être converti efficacement en oméga-3 à longue chaîne, ceux que l’on trouve dans le poisson [1].
 
Dans leur étude menée sur 3.277 individus [2], Mia Sadowa Vedtofte, de l’Institut de médecine préventive de Copenhague, et ses collègues montrent que seuls les oméga-3 à longue chaîne diminuent le risque cardiovasculaire (-38%), mais uniquement chez les femmes. Chez les hommes, l’effet n’atteignait pas la significativité statistique.
 
Rien de tel pour l’ALA, sans aucun impact sur l’incidence de maladies cardiaques, quel que soit le sexe. La consommation quotidienne de cet acide gras était pourtant élevée, bien plus que dans d’autres cohortes.
 
L’ALA obtient en revanche les honneurs d’une étude française publiée dans le Journal of Physiology, qui démontre que les bébés nés de femmes ayant pris un régime enrichi de cet oméga-3 pendant leur grossesse ont moins de risques d’allergie.
 
Si le phénomène a déjà été décrit, l’équipe rennaise de Gaëlle Boudry (Inra/Agrocampus Ouest) élucide ses mécanismes chez le porcelet. Exposé aux oméga-3 in utero, le jeune animal développe un intestin plus perméable, notamment aux bactéries.
 
«Au final, le système immunitaire du bébé pourrait se développer et maturer plus vite, ce qui entraîne une meilleur fonction immunitaire et une moindre susceptibilité aux allergies», explique Gaëlle Boudry dans un communiqué de l’Inra de Rennes.
 
[1] Parmi ces oméga-3 à longue chaîne figurent le DHA (acide docosahexaénoïque) et l’EPA (acide eicosapantaénoïque).
[2] Sur une période médiane de 23,3 ans, 471 de ces volontaires de la cohorte Glostrup Population Studies ont souffert d’une maladie cardiaque ischémique (notamment un infarctus du myocarde), qu’elle soit fatale ou non.


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