Les oméga-3, Mr Hyde du cancer de la prostate ?

Le 04 mai 2011 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les acides gras anti-inflammatoires (oméga-3) pourraient favoriser les formes les plus agressives de cancer de la prostate, un résultat inattendu publié dans l’American Journal of Epidemiology.
Souvent vantés pour leurs bienfaits cardiovasculaires, les oméga-3 présentent une activité anti-inflammatoire, pouvant suggérer des bénéfices en prévention d’autres maladies. Parmi celles-ci, les maladies neurodégénératives ou le cancer… d’où «l’étonnement» qui a saisi l’équipe de Theodore Bratsky, du Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, à la vue des résultats qu’ils ont obtenus sur le cancer de la prostate.
 
En se lançant dans cette analyse de l’essai PCPT [1], les chercheurs pensaient observer un effet positif des oméga-3 et un effet nuisible des pro-inflammatoires (oméga-6, acides gras de type trans). Surprise: le risque de cancer agressif de la prostate augmentait avec le taux sanguin de DHA [2], jusqu’à être multiplié par 2,5 pour les valeurs les plus hautes.
 
De manière aussi inattendue, les hommes présentant un taux élevé d’acides gras de type trans avaient environ 50% moins de risques de souffrir de ce type de cancer. Seuls les oméga-6 semblaient neutres vis-à-vis de la maladie.
S’ils ne s’expliquent pas ces résultats, les chercheurs estiment qu’il n’y a pas lieu de fuir les oméga-3. «Globalement, les bénéfices qu’il y a à consommer du poisson pour prévenir les maladies cardiaques surpassent tout risque qu’il y aurait vis-à-vis du cancer de la prostate», commente Theodore Bratsky.
 
[1] Initialement lancé pour évaluer l’effet préventif du finastéride, médicament commercialisé aux Etats-Unis pour traiter les formes bénignes de la maladie, l’essai PCPT (Prostate Cancer Prevention Trial) a porté sur 18.882 volontaires sains de plus de 55 ans, dont 3.461 ont été analysés dans cette étude.
[2] Le DHA (acide docosahexaénoïque) est un type d’oméga-3. Les chercheurs en ont testé un autre, l’EPA (acide eicosapentaénoïque), qui s’est montré sans effet sur le cancer de la prostate.


Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus