Les oiseaux vieillissent plus vite en ville

Le 20 juin 2016 par Romain Loury
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Mésange charbonnière
Mésange charbonnière

Au sein d’une même espèce, les oiseaux présentent un vieillissement cellulaire accéléré lorsqu’ils vivent en milieu urbain, révèle une étude suédoise publiée dans les Biology Letters. Les conséquences de la pollution de l’air, du stress voire de carences alimentaires.

Pour les oiseaux urbains, l’alimentation est certes plus facile à trouver que pour leurs cousins campagnards, mais le prix à payer peut s’avérer élevé. Dans une étude menée sur la mésange charbonnière (Parus major), Pablo Salmón, biologiste à l’université de Lund, et ses collègues révèlent que les oisillons élevés en ville présentent, seulement 15 jours après l’éclosion, de premiers signes de vieillissement cellulaire accéléré.

Pour montrer cela, les chercheurs ont identifié 16 paires de nids (l’un à la ville, l’autre à la campagne), échangeant la moitié d’une portée d’un nid vers l’autre. A 15 jours, l’équipe analysait, après une prise de sang, la longueur des télomères: se raccourcissant à chaque division cellulaire, ces extrémités de chromosomes sont fréquemment utilisées comme indicateurs du vieillissement, et donc de l’espérance de vie.

-11% à la ville

Chez les oisillons nés à la ville, mais élevés à la campagne, les télomères présentaient une longueur supérieure de 11% à celle de leurs frères et sœurs restés à la ville. A l’inverse, ceux nés à la campagne, mais élevés en ville, voyaient leurs télomères raccourcis de 10,4%, signe d’un vieillissement cellulaire accéléré.

Parmi les causes de ce vieillissement accéléré, les chercheurs évoquent la pollution de l’air ou encore le stress (bruit, éclairage nocturne), dont les effets inflammatoires et oxydants favorisent la fonte des télomères. Autre piste, une nourriture moins adaptée: par exemple, il a été montré que les chenilles, nourriture favorite des mésanges, sont moins chargées de caroténoïdes, molécules à l’effet antioxydant, en ville qu’à la campagne.

«Nos résultats soulignent la nécessité de mieux connaître les mécanismes physiologiques de l’urbanisation sur la faune sauvage, de manière à mieux comprendre les menaces présentes et futures qui pèsent sur ces populations, ainsi que les moyens d’adaptation qu’elle met en œuvre pour les contrer», concluent les chercheurs.

 



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