Les oiseaux non plus n’aiment pas les néonicotinoïdes

Le 28 mars 2013 par Marine Jobert
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Un seul grain de maïs enrobé de néonicotinoïde peut tuer un passereau.
Un seul grain de maïs enrobé de néonicotinoïde peut tuer un passereau.
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Alors que l’Union européenne pourrait bientôt bannir trois néonicotinoïdes impliqués dans le déclin des abeilles, des producteurs de pesticides ressortent de leur manche les prairies fleuries. Une opération de «greenwashing» à peu de frais –quelques tonnes de graines de plantes mellifères semées dans les champs- dont Basf a déjà usé par le passé et qui repose sur l’idée que le déclin des abeilles est dû au «manque de biodiversité fonctionnelle» et serait causé par «une mauvaise alimentation des abeilles et un affaiblissement de leurs défenses immunitaires». Cette fois-ci, ce sont Syngenta et Bayer qui s’y essaient. Ils proposent en plus un programme de détection des néonicotinoïdes sur le terrain et des recherches sur l’impact des parasites et des virus. «Cette étude apportera des données précieuses dans le domaine de la santé des abeilles, alors que l’interdiction des néonicotinoïdes fermerait la porte à la compréhension du problème», a expliqué un porte-parole de Syngenta.

 

Des annonces qui interviennent alors qu’une étude publiée dans la revue Nature Communications vient éclairer encore davantage les effets délétères des pesticides de la familles des néonicotinoïdes, ainsi que celle des organophosphorés, sur les colonies d’abeilles. Ces pesticides, à des concentrations conformes à celles rencontrées dans les champs, ont un impact manifeste sur la capacité des insectes à apprendre, à communiquer et à se déplacer. «Les abeilles sont des insectes sociaux et leur efficacité repose sur le fait qu’elles échangent de l’information. Notamment sur les nouvelles sources de nourriture et sur l’endroit où se trouve la ruche», détaille Chris Connolly, de l’université de Dundee. La même aire du cerveau serait touchée par les deux pesticides, chacun renforçant les effets de l’autre. Des conclusions obtenues après observation d’une moitié de cerveau d’abeille –celle concernée par l’apprentissage-, quand les études précédentes montrant des effets neurologiques avaient été réalisées sur des cellules de culture. «Ces études nécessitaient des concentrations 1.000 fois supérieures en néonicotinoïdes pour parvenir au même effet. Nous avons étudié (…) les effets de ces pesticides à des concentrations moindres, plus réalistes.»

 

Une autre étude, commandée par l’American Bird Conservancy sur la base de 200 études consacrées aux effets des néonicotinoïdes, élargit la focale en dénonçant la présence de ces pesticides dans toute la chaîne trophique. Victimes collatérales: les oiseaux. «Un seul grain de maïs enrobé d’un néonicotinoïde peut tuer un passereau. Même un petit grain de blé traité avec le plus ancien des néonicotinoïdes, l’imidacloprid, peut empoisonner un oiseau», détaille l’étude. Les effets sur la descendance sont également pointés du doigt. «Les oiseaux dépendent largement des milieux aquatiques, qui sont en bas de la chaîne alimentaire. Mais les niveaux de contamination des eaux de surface et des eaux souterraines par les néonicotinoïdes sont élevés tant aux Etats-Unis qu’à travers le monde, bien au-delà du seuil fatal pour les invertébrés aquatiques.» Et de dénoncer la méthodologie «dépassée» de l’agence américaine de protection de l’environnement, «qui tient plus du jeu de hasard que du processus scientifique rigoureux».



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