Les oiseaux européens au rapport

Le 22 mai 2017 par Marine Jobert
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Le martin-pêcheur a perdu 68% de ses effectifs en Europe depuis 2000.
Le martin-pêcheur a perdu 68% de ses effectifs en Europe depuis 2000.
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25 ans après l’entrée en vigueur de la directive Oiseaux, un état des lieux de l’avifaune européenne met à nouveau en lumière la mauvaise santé des populations qui se reproduisent, hivernent ou vivent en Europe. 541 espèces sont considérés comme «à enjeu prioritaire», selon la somme de données publiée par BirdLife International.

C’est une masse d’informations colossale que vient de publier BirdLife International, dans le cadre du rapportage communautaire exigé, tous les 6 ans, par la directive Oiseaux et différents accords internationaux[1]. Des dizaines de milliers de personnes, dans une cinquantaine de pays du continent européen, ont collecté des informations sur l’état de conservation de quelque 541 oiseaux considérés comme «à enjeu prioritaire». Communiquées à la Commission européenne après passage entre les mains de l’Agence européenne de l’environnement, elles permettent de suivre les évolutions des effectifs depuis 2000, pays par pays. «En adoptant cette présentation Etat par Etat, et en soulignant quelles espèces sont de façon globale et au plan européen à enjeu de conservation, nous espérons que les gouvernements prendront conscience de leurs responsabilités vis-à-vis de certaines espèces et qu’ils en tiendront compte quand ils débloqueront des fonds pour la conservation de la nature», espère Anna Staneva, chargée de la conservation des espèces à BirdLife International.

La moitié des populations mal en point

C’est la troisième édition de cet état des lieux de l’avifaune européenne, pour laquelle les tendances ne sont pas fameuses. En 1994, 38% des populations étaient considérées comme dans un état de protection préoccupant. Un chiffre qui grimpait à 48% en 2004. La tendance ne s’est pas améliorée, puisque 70 espèces d’oiseaux sont aujourd’hui inscrites sur la liste rouge tenue à jour par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), contre 40 en 2004.

L’agriculture décime les oiseaux

Sans surprise, ce sont les espèces inféodées aux milieux agricoles qui paient le plus lourd tribut. «En France, 80% des populations, en masse, ont disparu», rappelle Bernard Deceuninck, le responsable du service international et de l’Outre-mer à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). En 2016, l’actualisation de la liste rouge des oiseaux nicheurs par l’UICN avait établi qu’un tiers des effectifs étaient menacés, contre un quart en 2008, en particulier par le modèle agricole intensif. Pour être classée comme espèce prioritaire, l’évolution d’une espèce doit être dans une tendance négative, mais qui n’entraîne pas forcément un risque de disparition. «Il est regrettable que la Commission n’entame pas des poursuites contre les Etats de façon plus régulière, regrette Bernard Deceuninck. Cet état des lieux peut justement permettre d’agir, en définissant les lacunes dans la protection des espèces.»



[1] Convention de Bonn, convention de Rio, Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie.

 



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