Les OGM ont malgré tout besoin de pesticides

Le 02 août 2006 par Claire Avignon
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Des travaux américains remettent en cause l’un des arguments phares des pro-OGM, sans toutefois remettre en cause les OGM eux-mêmes.

L'un des arguments écologiques de producteurs d'organismes génétiquement modifiés (OGM) vient de prendre un coup sérieux. Des végétaux moins fragiles, donc moins dépendants des pesticides aux impacts sanitaires et environnementaux multiples: telle était la solution miracle proposée aux agriculteurs. Or, une étude américaine de l'université Cornell vient de montrer qu'il n'en était rien.

En étudiant le cas, sur sept années, de 481 agriculteurs chinois ayant planté du coton transgénique Bt développé par Monsanto, des chercheurs ont montré que les bénéfices retirés lors des trois premières années (baisse de 70% de l'utilisation d'insecticides, hausse des revenus des cultivateurs de 36%) ont rapidement fait place à une situation moins réjouissante. En 2004, les agriculteurs ont dû utiliser autant de produits phytosanitaires que les agriculteurs conventionnels. Au final, les revenus des premiers étaient de 8% inférieurs à ceux des seconds, étant donné que le coton Bt coûte trois fois plus cher à l'achat.

En cause: l'augmentation des populations d'insectes tels que les mirides contre lesquels le Bt ne peut rien. Il ne protège le coton que contre un seul type de ver. Selon les scientifiques de Cornell, cette hausse d'insectes «secondaires» pourrait être «une menace majeure» pour les pays où le coton génétiquement modifié a été abondamment planté, à commencer par la Chine qui compte 5 millions de cultivateurs de coton Bt, le Mexique et l'Afrique du Sud.

Toutefois, le principal auteur de l'étude, Per Pinstrup-Andersen, ne remet pas en cause le développement des OGM, bien au contraire. «Ces résultats envoient un signal fort aux chercheurs et aux gouvernements pour qu'ils proposent des solutions de soutien aux agriculteurs, déclare-t-il dans un communiqué. Sinon, ils vont cesser d'utiliser du coton Bt, et cela serait très regrettable.» Le chercheur américain d'origine danoise évoque la possibilité d'utiliser des prédateurs naturels contre les nouveaux insectes problématiques, ou le développement d'un coton transgénique capable d'y résister.




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